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Cette étude de l’université de Columbia montre les bienfaits de l’échec

Cette étude menée à l’université de Columbia montre à quel point nos a priori sur l’échec nous empêche d’atteindre nos buts.

Tous les enfants réalisent un jour que les personnes qu’ils admirent ne sont pas aussi parfaites qu’ils le pensaient. Pourtant, beaucoup d’entre eux continuent de penser que les grandes figures intellectuelles ou inventeurs étaient dépourvus de défauts. Pourtant, le fait d’apprendre que des personnalités comme Albert Einstein ont elles aussi connu des échecs cuisant, permet d’aider les enfants à obtenir de meilleurs résultats à l’école. C’est le résultat surprenant d’une étude réalisée à l’université de Columbia aux Etats-Unis.

L’échec précède la réussite

C’est un équipe de chercheurs menés par la scientifique Xiaodong Lin-Siegler de l’université de Columbia aux Etats-Unis qui a publié cette étude inédite en 2016. Basée sur l’observation d’élève de lycées américains, cette expérience a montré que le fait de savoir que de grandes personnalités comme Albert Einstein ou Marie Curie ont été dans des situations d’échec a permis d’augmenter substantiellement leurs notes. Au contraire, lorsque les mêmes étudiants ont été seulement informés de la réussite de ces grands scientifiques, leurs résultats ont baissé.

Ce lundi 30 avril 2018, d’autres professeurs à l’université de Columbia ont annoncé la création d’un centre dédié à l’étude et à l’amélioration des capacités scolaires des enfants et des adolescents, à travers une meilleure compréhension des mécanismes à l’oeuvre derrière l’échec. Xiaodong Lin-Siegler, qui est la directrice de centre, va donc pouvoir continuer ses recherches sur l’échec passé des personnes ayant aujourd’hui du succès, afin de comprendre le lien causal entre ces deux situations. Ses recherches commenceront ainsi à travers plusieurs interviews de prix Nobel, mais couvriront également de nombreuses autres disciplines et pays.

Malheureusement, les recherches sur ce sujet important sont limitées. Elle permettront ainsi d’apprendre à mieux gérer l’échec, et à mettre en place des mécanismes garantissant une amélioration perpétuelle plutôt que d’avoir recours à la culpabilisation. En effet, c’est le rôle des enseignants et des parents d’analyser calmement l’échec des enfants ou adolescents à leur charge afin de leur donner des pistes d’amélioration. L’échec doit donc être vu comme une opportunité de croissance personnelle au lieu d’un événement grave qu’il faudrait à tout prix rattraper en se faisant mal.

Mais le succès peut aussi mener à l’échec

Mais les recherches de Xiaodong Lin-Siegler ont aussi permis de montrer qu’un grand nombre d’étudiants voient l’échec comme quelque chose de fondamentalement négatif. Au contraire, le succès est vu comme un but inatteignable, avec des conséquences délétères sur leurs performances scolaires. Ainsi, l’étude de 2016, qui s’est concentrée sur de nombreux étudiants issus de quartiers défavorisés de New York, a montré que bon nombre d’entre eux voient le succès comme la conséquence d’une sorte de don dont ils sont dépourvus.

Ces derniers étaient donc incapable de voir Albert Einstein comme un être humain normal, ayant également connu des échecs. Leur tendance à idéaliser ces personnages était ainsi liée à leur incapacité à se sentir capable de réussir. L’étude a également permis de montrer que ce phénomène est particulièrement présent dans les filières techniques, où les étudiants ont la sensation d’avoir été rejetés du cursus normal pour leur inaptitude à réussir des examens.

Le mérite de Xiaodong Lin-Siegler est donc de montrer à quel point notre vision de l’échec repose sur des a priori erronés qui nous empêchent d’évoluer positivement. Pour le montrer, celle-ci se base également sur sa propre expérience. En effet, la professeure est née dans un village reculé d’une province chinoise, où elle n’a même pas pu aller à l’école pendant une partie importante de son enfance. Au terme d’un parcours sinueux, elle est finalement devenue professeure dans l’une des universités les plus prestigieuses des Etats-Unis. Cette réussite lui a valu l’admiration de ses proches, mais ces derniers ont eu tendance à l’attribuer uniquement à son intelligence, sans voir que c’est bien plutôt grâce à sa persévérance et à son attitude positive face à l’échec qu’elle a pu arriver à un tel poste.

Ces préjugés sur l’échec reposent en partie sur un système éducatif basé sur la performance à des tests uniformisés, qui pousse les professeurs à imposer une pression importante à leurs étudiants, sans prendre en compte leurs spécificités.

 

 

Publié le samedi 5 mai 2018 à 15:20, modifications samedi 5 mai 2018 à 10:37

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