Environnement

Une économie respectueuse de l’environnement pourrait générer 26 milliards de dollars

L’heure est grave, et pourtant les solutions sont simples et économiques viables. C’est la conclusion de ce rapport international passionnant.

En investissant suffisamment d’argent dans le développement d’une nouvelle économie davantage tournée vers l’écologie et le respect de l’environnement, on pourrait créer à terme près de 26 milliards de dollars d’ici seulement 12 ans, en 2030. C’est la conclusion du rapport de la Global Commission on the Economy and Climate, publié le 5 septembre 2018.

Un véritable manifeste

Le président du Mexique Felipe calderon, également président d’honneur de la Global Commission on the Economy and Climate (CGEC), s’est récemment exprimé au sujet de cette étude, qui selon lui est un véritable “manifeste”, qui doit convaincre tous les responsables politiques de s’engager dans la voie d’une économie plus durable. Ce groupe d’experts, qui rassemble à la fois des chercheurs, des économistes et des dirigeants politiques, peut se targuer d’avoir des membres particulièrement prestigieux comme Suma Chakrabarti, président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale, ou encore Ngozi Okonjo-Iweala, ancienne ministre des Finances du Nigeria

Le but de ce groupe prestigieux est d’oeuvrer pour le respect de l’environnement à travers le monde, notamment en mettant en avant des arguments économiques. Ainsi, on peut lire dans ce récent rapport qu’avec des investissements importants, on pourrait générer 26 000 milliards de dollars. Ce chiffre, présenté au secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres, permet de relativiser le coût potentiel des mesures environnementales. 

Outre la création de richesse, près de 65 millions d’emplois seraient également générés par une telle politique, soit, d’après la conclusion du rapport, l’ensemble de la population active du Royaume-Uni et de l’Egypte. Mais cette prise de conscience environnementale permettrait également d’éviter la mort de 700 000 personnes d’ici 2030. 

Le temps est compté

Mais pour faire de cette projection optimiste une réalité, nous avons besoin d’une prise de conscience immédiate. En effet, d’après Ngozi Okonjo-Iweala, nos élites, qu’elles soient économiques ou politiques, n’ont que 2 ou 3 années pour changer radicalement le fonctionnement de notre système à travers des mesures qualifiées d'”audacieuses”. Autrement, nous nous condamnons à un avenir sordide.

Ces différentes mesures concernent tous les secteurs, depuis la modernisation des infrastructures (transport, bâtiment), jusqu’à l’agriculture, en passant par des taxations très hautes du carbone. Ainsi, il faudrait que la somme des investissements actuels dans les infrastructures durables soit doublée d’ici 2020 pour enrayer le réchauffement climatique, d’après le commentaire de l’AFP à propos de ce rapport passionnant.

La subvention publique jouera également un rôle très important dans ce processus. En effet, avec la suppression des subventions pour l’achat d’énergie polluante, une augmentation des taxes carbones et une réforme de l’agriculture, on pourrait déjà créer un surplus de 2800 milliards de dollars de recettes publiques pour les Etats chaque année jusqu’en 2030. Alors pourquoi autant d’immobilisme ? Justement parce que nous ne sommes pas assez sensibilisés aux gains économiques énormes que pourraient générer à terme ces nouvelles politiques écologiques.

“Croissance écologique” : un oxymore ?

Pourtant, ce comité d’expert ne remet à aucun moment la notion de croissance en cause. Au contraire, celui-ci se fait le défenseur d’une “croissance adaptée au climat” pendant tout le rapport. Or, c’est justement notre mode de vie productiviste, fondé sur l’accumulation perpétuelle de biens et de services, qui nous a mené dans la situation catastrophique dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Et c’est d’ailleurs là tout le sens de la démission récente de Nicolas Hulot, l’ancien ministre Ministre de la Transition écologique et solidaire.

Les élites mondiales ne semblent donc pas encore prêt à dépasser cette contradiction fondamentale, et refusent de voir que la seule solution viable consiste à changer profondément notre système de production, et tous les aspects qui en découlent (rapport au travail, à l’argent, à la consommation, à la société dans son ensemble…).

Il y a très peu de chances pour qu’une prise de conscience brutale se fasse dans les quelques années à venir, puisque notre système planétaire a déjà montré par le passé  qu’il était incapable de prendre les mesures nécessaires pour éviter des crises de grande ampleur pourtant prévisibles, comme celle des subprimes. La CGEC a toutefois le mérite d’admettre un fait essentiel : la situation n’a jamais été aussi urgente, et ce dans l’histoire de l’humanité. 

Publié le lundi 10 septembre 2018 à 13:32, modifications lundi 10 septembre 2018 à 12:48

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