Environnement

Pour la journée mondiale de l’environnement, Benoit Lecomte s’élance pour relier Tokyo à San Francisco à la seule force de son crawl

À 49 ans, le franco-américain Benoît Lecomte veut relever un nouveau défi : traverser les 8.900 kilomètres qui séparent Tokyo à San Francisco à la nage. Un exploit sportif encore jamais réalisé.

Ce que Benoît Lecomte a décidé d’entreprendre, aucun être humain ne l’a encore jamais réalisé. En effet, mardi 5 juin, date de la journée mondiale de l’environnement, le Franco-Américain de 49 ans plongera dans la baie de Tokyo, pour ne ressortir de l’eau qu’à San Francisco, après avoir englouti 8.900 kilomètres. Cet exploit inédit et fou a été baptisé pour l’occasion The Longest Swim, la nage la plus longue.

Après l’Atlantique, le Pacifique

Pourtant, Benoît Lecomte, directeur associé dans un cabinet de conseil de Dallas, n’est pas un inconnu en la matière. En effet, en 1998 déjà, il est devenu le premier homme à traverser l’océan Atlantique à la nage, en soixante-treize jours exactement. Un défi réalisé sous la menace d’un requin qui l’avait pris en filature pendant cinq longues journées. De multiples piqûres de méduses et un niveau d’épuisement considérable. Un challenge relevé en hommage à son père emporté par un cancer.

Ainsi, cette année, le nageur a décidé de marquer de nouveau l’histoire en réalisant l’un de ses rêves les plus fous : traverser l’océan Pacifique à la nage, de Tokyo à San Francisco. Toutefois, s’il est certes motivé par sa passion de la natation, il est également encouragé par ses réelles convictions autour du changement climatique et de la transition environnementale durable.

Une expédition scientifique…

Ainsi, chaque jour, après huit heures d’effort, il montera à bord du bateau qui l’accompagnera pour se reposer un peu. Avant de reprendre, grâce à un marqueur GPS, à l’endroit exact où il s’est arrêté la veille. S’il maintient une vitesse moyenne de 4,6 km/h, son rythme de croisière, Benoît Lecomte atteindra la ville californienne au bout de six mois.

En outre, The Longest Swim n’est pas une aventure solitaire hors-norme. En effet, c’est également l’aventure de toute une équipe. Celle-ci est composée de médecin, nutritionniste, météorologue, ou scientifiques. Tous se préparent depuis quatre ans.

Tout au long de la traversée l’équipage aura en tête des recherches océaniques et médicales d’envergure, sous la direction de douze scientifiques chevronnés, dont ceux de la NASA et de l’Institut Océanique de Woods Hole. Ainsi, près de mille échantillons seront récoltés pendant la traversée. Des milliers d’oiseaux seront quotidiennement observés. Des enregistrements d’ultrasons seront réalisés et une communication constante avec le monde sera entretenue, avec quinze caméras à bord.

Au final, les recherches accumulées pendant l’exploit du nageur permettront notamment d’étudier l’impact des déchets présents dans l’océan sur la chaîne alimentaire. Mais également d’analyser les microplastiques et microfibres recueillis dans l’eau. Ou encore de localiser le trajet des déchets maritimes. Car, Benoît Lecomte va traverser le vortex de déchets du Pacifique Nord. Il s’agit d’une gigantesque étendue de polluants plastiques flottant en surface.

… et physique

Outre ce volet écologique, le programme scientifique s’intéressera de près à l’impact du milieu marin sur le corps humain. Ainsi, un laboratoire de la Nasa va surveiller le coeur du nageur. Pour ce faire, il utilisera un système d’échocardiographie à distance que l’agence spatiale américaine emploie habituellement pour surveiller ses astronautes.

Les chercheurs étudieront également la façon dont l’organisme réagit lorsqu’il est immergé durant un temps prolongé dans l’eau de mer. Ainsi, des prélèvements ADN permettront de jauger l’influence des bactéries marines sur sa microflore.

Seront mesurés, enfin, les effets de la faible gravité sur les os et la vision du nageur, la poussée d’Archimède réduisant l’influence de cette force dans l’eau. Des conditions assez proches de celles que l’on trouve dans l’espace. Et qui permettront aux chercheurs d’évaluer la capacité d’adaptation du corps humain à d’autres milieux.

Cobaye volontaire, Ben Lecomte est un objet d’étude en parfaite santé. Il s’entraîne trois heures par jour et veille à ne pas se blesser avant le départ. Peu de natation, plutôt de la course et du vélo.

Je veux garder le plaisir de la nage intact jusqu’au départ.

S’explique Benoît Lecomte qui ajoute :

L’aspect mental est plus important que le physique. Et j’ai l’impression d’être beaucoup plus solide psychiquement que je ne l’étais à 20 ou 30 ans.

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With a location secured, a boat full of eight months worth of food and eight crewmembers ready to go, I’ll finally be leaving for The Swim after more than six years of preparations. On Tuesday, June the 5th, I’ll touch land for the last time as I take my first strokes into the Pacific and make my way to San Francisco. I had a dream many years ago, and for the past seven years, I have been working hard to make it a reality. When I stood at the very spot I’ll leave from in Choshi, it all became very real to me, for the first time I realized this is it. If anyone wants to join me on the beach for the final goodbye, I’ll be taking the plunge at Ashikajima Beach around 8 am. I can’t wait!

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Publié le mardi 5 juin 2018 à 8:58, modifications mardi 5 juin 2018 à 8:34

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