Environnement

Australie : des scientifiques découvrent des rapaces pyromanes

En cette période d’été australien, des rapaces propagent les incendies existants afin de se nourrir.

En observant des rapaces, des chercheurs australiens ont découvert que l’homme n’est plus le seul animal à maîtriser l’utilisation du feu.

Une étude ethnologique inspirée par les légendes

Les chercheurs sont formels, dans une étude rapportée au journal d’ethnobiologie, ils affirment l’utilisation intentionnelle du feu par trois sortes de rapaces australiens. Les oiseaux en question sont le Milan noir (Milvus migrans), le milan siffleur (Haliastur sphenurus) et le faucon brun (Falco berigora). D’après eux, les oiseaux sont capables de tenir des branches enflammées dans leurs serres ou dans leur bec afin de déplacer les flammes et ainsi propager un incendie dans la direction de leur choix. Le caractère intentionnel de cet acte repose dans la déduction logique d’après laquelle la majorité, si ce n’est la totalité, des animaux ont peur du feu et n’osent aucunement s’en approcher. Ici, il apparaît n’y avoir aucun rapport de peur, mais réellement d’utilisation du feu comme un outil.
Les scientifiques affirment n’avoir réellement rien découvert puisqu’en réalité ce fait est connu des aborigènes depuis plusieurs millénaires. Les sceptiques considéraient ces histoires à propos des firehawks (littéralement faucons de feu ndlr) comme des légendes. Malgré tout, les Rangers aborigènes eux, prenaient en compte ces oiseaux pyromanes dans leurs études des risques en lien avec les incendies. On compte parmi ces risques la possibilité qu’un feu passe un pare-feu, ou un cours d’eau par exemple. Les scientifiques ont d’ailleurs pris en compte ces histoires et d’autres connaissances aborigènes de l’écologie locale comme base de leurs recherches.

 

Un comportement de chasse intelligent

D’après l’étude des ethnologues, la manipulation du feu par ces rapaces se fait en groupe. Ils mobilisent différents éléments de leur espace afin de diriger le feu dans une direction. Ainsi ils s’assurent que les animaux fuyant les flammes s’orientent selon leur volonté et tombent sur un groupe d’autres rapaces. En plus de cette chasse active, ces oiseaux sont également des charognards et peuvent  profiter d’un nouveau festin après l’extinction des flammes. Ce qui est notoire, c’est l’organisation dont ils font preuve, attestant qu’il s’agit d’une technique plus que rodée, ancrée en eux depuis plusieurs générations. Les scientifiques ont pu être témoins de nombreuses chasses étonnantes et de techniques des plus surprenantes pour capturer leurs proies.

Une découverte aux multiples impacts

Bien que cela soit connu des aborigènes depuis plusieurs millénaires, le fait que la science corrobore ces faits permet de raviver certains questionnements et d’apporter de nouveaux éléments de compréhension de l’écologie locale. En effet, grâce à la prise en compte officielle et scientifique de ces données, l’étude des incendies, de leur importance pour la faune et la flore, ainsi que la manière de les gérer peut être renouvelée. En effet, bien que les incendies puissent être ravageurs il ne faut pas oublier qu’ils sont nécessaires dans certains climats. Que ce soit pour l’environnement végétal en ce qu’ils permettent, entre autre, de régénérer les sols, ou pour l’environnement animal comme le démontre ces oiseaux. De manière plus générale, cela permet également de comprendre l’évolution des incendies et de saisir la manière dont s’étendent les savanes tropicales.
Finalement, d’un point de vue plus humain, cette découverte met en branle l’idée selon laquelle l’homme est le seul animal à maîtriser le feu. Dans cette veine, cela permet d’apporter d’autres pistes de compréhension de l’appropriation première du feu par l’homme.

Une question subsiste toujours, ces oiseaux ne font-ils qu’utiliser le feu, ou le créent-ils aussi? Si ce n’est pas encore le cas, l’évolution jouera peut-être en leur faveur, seule la science nous le dira!

Publié le dimanche 4 février 2018 à 16:42, modifications dimanche 4 février 2018 à 18:00

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