Economie

Vers la fin de l’écart salarial hommes-femmes en 2022 ?

La lutte contre l’inégalité salariale entre les hommes et les femmes va devenir une priorité du gouvernement dans les prochains mois. C’est ce qu’a annoncé Muriel Pénicaud, la ministre du Travail.

Vœu pieux ou véritable engagement ? Dans une interview au Journal du Dimanche, Muriel Pénicaud, la ministre du Travail annonce son objectif de faire disparaître l’écart salarial entre les hommes et les femmes pour 2022. Une mission transversale qui va réunir plusieurs membres du gouvernement d’Emmanuel Macron.

Un écart de 9% à poste équivalent

Comment faire face au problème de l’égalité salariale entre hommes et femmes en France ? A poste égal, il existe une différence de 9%. En moyenne, la différence est de 25%. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud s’est fixée l’objectif de les faire disparaître d’ici la fin du quinquennat. Un effort qui passera avant tout par le dialogue social :

L’égalité entre les femmes et les hommes est un principe constitutionnel et la loi Roudy sur l’égalité a 35 ans», rappelle la ministre. Mais dans les faits, «les femmes gagnent toujours 9 % de moins que les hommes à poste équivalent et 25 % en moyenne de moins (…) tous postes confondus, c’est inadmissible. Nous allons proposer une réunion aux partenaires sociaux sur l’égalité salariale pour élaborer un plan d’action.

Pour ce qui concerne les 25% de différence, la ministre invoque des “retards culturels” ou des “clichés sexistes présents depuis l’enfance”. En revanche, ce sont les 9% qui semblent les plus problématiques et sont même considérés comme inacceptables par la ministre. Un effort sera donc mené de façon conjointe avec  le Premier ministre Edouard Philippe et la secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa.

Plus de transparence et de sanctions

Toutefois, Muriel Pénicaud semble être consciente que la bonne volonté ne sera pas forcément suffisante. Elle réclame donc plus de transparence et surtout de meilleurs indicateurs sur la situation des femmes dans l’entreprise. Emmanuelle Souffi, la journaliste qui a réalisé l’interview explique à Europe 1 :

La difficulté aujourd’hui pour les femmes, c’est qu’elles peuvent avoir un doute sur leurs salaires, mais avoir du mal à le prouver. L’Etat pourrait réfléchir à davantage de transparence sur la rémunération, au fait qu’on puisse par exemple leur communiquer la moyenne des salaires dans leurs services, pour voir où elles se situent. Cela permettrait d’avoir des éléments de preuve si on estime qu’on a été victime de discrimination sur les dernières années

Toutefois, l’idée d’une loi semble être à écartée pour l’instant. Le dialogue social sera définitivement au coeur du programme de la ministre qui plaide pour des programmes de rattrapage dans la durée quand les écarts salariaux sont vraiment démesurés.

Un chemin qui reste encore long, surtout si on compare la situation française au meilleur élève de la classe. En l’occurrence, il s’agit de l’Islande. Début janvier, le pays de 330.000 habitants a passé une loi historique. Les employeurs sont désormais obligés à payer de façon identique les hommes et les femmes. Les autorités pourront utiliser la coercition et les sanctions financières pour s’assurer que la loi soit respectée. Une évidence pour  Thorsteinn Viglundsson, le ministre des Affaires sociales. Lors de la présentation  du projet de loi en avril 2017, il expliquait ainsi que :

L’histoire a montré que si nous voulons le progrès, il faut l’imposer

C’est peut-être le chemin qu’il faudra aussi suivre à terme en France. La réponse dans quelques années.

Publié le dimanche 21 janvier 2018 à 19:05, modifications dimanche 21 janvier 2018 à 18:48

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