Economie

L’enseigne Tati placée en redressement judiciaire

Un tiers des salariés menacés

Le tribunal de commerce de Bobigny a acté le placement en redressement judiciaire du groupe Agora distribution, maison mère de l’enseigne à bas prix Tati, en cessation de paiement.

Le tribunal de commerce de Bobigny a décidé, jeudi 4 mai, la mise en redressement judiciaire du groupe Agora Distribution, la maison mère de Tati, qui était en cessation de paiement depuis vendredi dernier.

J’ai déclaré hier la cessation de paiement des sociétés du pôle Agora qui comprend la marque Tati.

A déclaré Michel Resseguier, le dirigeant d’Agora Distribution, qui regroupe non seulement Tati, mais aussi d’autres enseignes à bas prix du groupe Eram (Gémo, Dégrif’Mania, Gigastore …).

Malgré une stratégie de diversification de son offre et une internationalisation, Tati a enregistré l’an dernier des ventes en recul et un résultat déficitaire, selon Agora Distribution.

Fondée en 1948 par Jules Ouaki, Tati avait été reprise par Eram en 2007.

Avant la décision du tribunal, plusieurs salariés inquiets s’étaient devant le magasin historique de Tati de Barbès.

En outre, plusieurs personnalités, dont Philippe Poutou et Caroline de Haas, s’étaient jointes à eux pour leur apporter leur soutien.

On veut se faire entendre pour sauvegarder le plus d’emplois possible, car on sait qu’il y aura des gens sur le carreau.

S’est inquiétée Hakima Djellouha, représentante CGT du groupe, à la sortie du tribunal

Nous, ce qu’on veut, c’est que cette enseigne, qui a 70 ans, dure. Ca ne peut pas finir comme ça.

A renchéri Tahar Benslimani, délégué CFDT.

Un redressement judiciaire pour éviter la liquidation

Cette procédure devrait permettre au groupe d’éviter la liquidation.

Le redressement judiciaire conduit généralement à la mise en place d’une période d’observation et à la nomination d’un ou deux administrateurs judiciaires.

Dans ce cas, cela va ouvrir la voie à une probable cession de l’enseigne à bas prix alors que sept offres de reprises ont déjà été déposées.

Celles-ci seront examinées le 29 mai prochain.

Le groupe Eram, maison-mère de Tati, souhaite se recentrer sur ses autres marques. Pour ce faire, il souhaite parvenir à une décision de cession vers la mi-juin.

Tati et les autres enseignes d’Agora, en difficulté depuis plusieurs années, avaient été mis en vente en février par leur propriétaire. Celui-ci avait auparavant effacé 250 millions de dettes pour faciliter leur cession.

Notre objectif reste de préserver le plus d’emplois possible et que les salariés soient rapidement fixés sur l’avenir des activités. Notre trésorerie ne nous permet pas de tenir des mois.

A déclaré Michel Rességuier, le président d’Agora Distribution.

En effet, la société emploie 1.754 personnes, dont 1.314 chez Tati, et compte 140 magasins en France, dont 115 sous l’enseigne Tati.

Repris par Gifi ?

La direction du groupe aurait reçu une demi-douzaine de marques d’intérêt pour la reprise de Tati.

Parmi celles-ci se trouverait une offre ferme du dirigeant-fondateur de Gifi, spécialisé dans la décoration à petit prix.

Philippe Ginestet ambitionne de reprendre 100 magasins Tati, dont celui de Barbès à Paris, et environ 1.200 salariés. A ce titre, il entend conserver la marque Tati.

Par ailleurs, les enseignes Foir’Fouille, Stockomani, Centrakor et Maxi Bazar ont formé une offre conjointe. Ils proposent de reprendre 88 des 145 magasins d’Agora Distribution et 1.051 de ses 1.720 salariés, selon un porte-parole du consortium à l’AFP, confirmant des informations du Monde.

Face à ces deux propositions, Babou, enseigne également spécialisée dans les produits à petits prix, offre de reprendre six magasins.

Néanmoins, l’identité et la teneur des offres des autres repreneurs n’ont pas été dévoilées officiellement.

Publié le samedi 6 mai 2017 à 9:33, modifications samedi 6 mai 2017 à 9:07

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