Economie

Amende record pour Google qui se dit en « désaccord »

L’Union européenne reproche à Google d’avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne pour favoriser son comparateur de prix. Le géant américain s’est dit en « désaccord » avec cette sanction.

Après sept longues années d’enquêtes, la Commission européenne a finalement sanctionné Google.

En effet, le géant américain s’est vu condamné ce mardi 27 juin à une amende record, d’un montant de 2,42 milliards d’euros, pour abus de position dominante.

Une sanction sévère

C’est le service en ligne Google Shopping, un comparateur de prix, qui a été pris pour cible par les services de la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager.

Amende record pour Google qui se dit en « désaccord »

Cette pénalité pulvérise le précédent record d’abus de position dominante, contre le géant américain des semi-conducteurs, Intel, en 2009 pour 1,06 milliard d’euros.

Ainsi, l’exécutif européen, gardien de la concurrence dans l’Union européenne, a accusé l’américain Google d’avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne pour favoriser son comparateur de prix Google Shopping.

Ce que Google a fait est illégal au regard des règles de concurrence de l’UE. Elle a empêché les autres sociétés de livrer concurrence sur la base de leurs mérites et d’innover. Et surtout, elle a empêché les consommateurs européens de bénéficier d’un réel choix de services et de tirer pleinement profit de l’innovation.

A martelé la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager

Dans la plupart tous les pays européens, le moteur de recherche Google détient une part de marché supérieure à 90%.

L’amende a été calculée sur la base de la valeur des recettes que Google réalise grâce à son service de comparaison de prix dans 13 pays européens où Google Shopping est déployé.

A-t-elle ajouté.

Or, l’enquête remonte à 2010, après des plaintes déposées auprès de Bruxelles par des rivaux de Google. Il s’agit notamment de l’américain TripAdvisor ou du comparateur de prix français Twenga.

Google s’était à chaque fois défendu en affirmant que Google Shopping était surtout un service d’annonces publicitaires.

Par ailleurs, l’Américain avait mis en avant que les consommateurs, quand ils voulaient faire des achats, passaient principalement par le service de vente en ligne de l’américain Amazon.

Google va faire appel

A l’annonce de cette sanction, Google a immédiatement réagit.

En effet, le groupe a ainsi fait part de son « désaccord respectueux ». Il a d’ores et déjà annoncé « faire appel » devant la Cour de justice européenne.

Nous sommes respectueusement en désaccord avec les conclusions annoncées aujourd’hui. Nous allons étudier la décision de la Commission en détail et nous envisageons un appel.

A-t-on pu lire dans un communiqué.

Par ailleurs, cette sanction survient moins d’un an après la décision en août 2016 de la Commission de sanctionner un autre géant américain, Apple.

Elle l’avait sommé de rembourser à l’Irlande 13 milliards d’euros « d’avantages fiscaux » indus.

En outre, le groupe est visé par deux autres actes d’accusation de la Commission.

Le premier concerne AdSense. Il s’agit des offres de publicité en rapport avec le contenu du site Web que le groupe américain propose à des sites tiers utilisant son moteur de recherche.

Le second, jugé encore plus sérieux, vise Android. C’est-à-dire le système d’exploitation pour smartphones ultra-dominant du groupe américain.

Enfin, en plus de cette amende, la Commission européenne a imposé à Google de mettre fin à ces pratiques jugées anti-concurrentielles dans les 90 jours.

Sans quoi elle sera soumise à des astreintes. Pouvant atteindre 5% du chiffre d’affaires moyen réalisé quotidiennement au niveau mondial par Alphabet. La société mère de Google.

Publié le mercredi 28 juin 2017 à 11:03, modifications mercredi 28 juin 2017 à 7:50

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