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Prévention : le point sur toutes les manières de mourir à cause de la canicule

La prévention est nécessaire pour mieux comprendre les effets délétères de la canicule sur notre santé.

Les vagues actuelles de chaleur en France et à travers le monde peuvent avoir des conséquences graves sur la santé des personnes les plus fragiles, comme les seniors ou les enfants en bas-âge. En effet, plusieurs chercheurs ont compilé toutes les affections mortelles causées par les épisodes de canicule, depuis le choc sceptique jusqu’aux maladies cardiovasculaires. Ces derniers en ont ainsi dénombré 27, un chiffre déjà impressionnant.

Les effets délétères du réchauffement sur l’organisme

Depuis la canicule de 2003, qui a causé près de 20 000 morts en France, on sait désormais que les vagues de chaleur sont particulièrement meurtrières. Et les troubles directement liés à ces épisodes dangereux sont très divers. C’est en effet le constat d’une équipe de géographes issus de l’université de Hawaï aux Etats-Unis, qui a compilé des données médicales sur plusieurs années. Cette étude a ensuite été publiée dans la revue de cardiologie américaine Circulation. Celle-ci a le mérite de mettre en lumière les effets délétères du réchauffement climatique sur la santé, alors même que celui-ci ne cesse de s’intensifier depuis des années.

Bien que se soit des géographes qui aient effectué cette étude, les conclusions tirées en terme de santé publique sont parfaitement valables d’après plusieurs experts français. Les scientifiques hawaïens ont ainsi le mérite de mettre en avant 5 mécanismes clés utilisés par le corps humain pour faire face à de très fortes chaleurs, et pouvant causer des troubles potentiellement mortels. En effet, ces derniers touchent parfois des organes essentiels, ce qui peut mener au décès.

En tout, il y a 27 façons différentes de mourir d’une grave hyperthermie, comme la nécrose ou la déshydratation critique. Dans tous les cas, des chaleurs excessives sont la cause de ces phénomènes, avec en facteur aggravant une grande humidité, un vent très faible et une trop faible hydratation.

Des processus de régulations qui ne sont parfois pas suffisants

Lors d’une vague de chaleur, des récepteurs thermiques situés sous la peau et dans les muscles envoient cette information au cerveau dans l’hypothalamus, une zone qui gère la température du corps. Celle-ci a en effet pour mission de réguler la température globale autour de 37° C. Lorsque le corps est en surchauffe, l’hypothalamus déclenche une vasodilatation des vaisseaux sanguins situés sous la peau afin d’évacuer la chaleur interne vers les zones externes.

En effet, le plus important pour le corps est de conserver une température interne convenable pour sauvegarder les organes vitaux, tandis que les zones externes peuvent être soumises à une chaleur plus importantes et plus variable. L’évacuation de la chaleur se fait donc par la peau, mais elle rendue impossible si la température extérieure est supérieure à la sienne, et c’est parfois le cas quand le thermostat atteint des sommets.

Le deuxième processus de réaction de l’hypothalamus est celui de la sudation. En effet, l’évaporation de la transpiration émise sur la peau permet de refroidir la température du corps lorsqu’il est soumis à une surchauffe.

Les 5 mécanismes de l’hyperthermie critique

Mais ces processus de régulation peuvent parfois avoir des conséquences très graves lorsque l’exposition à la chaleur est trop importante. En effet le premier grand mécanisme lié à une hyperthermie critique est l’ischémie. Lorsque les vaisseaux se dilatent en périphéries, ils drainent une grande quantité de sang, qui peut ainsi venir à manquer aux organes vitaux comme le coeur ou le cerveau. Ainsi, l’exposition prolongée à une température de 38 degrés peut déjà engendrer d’importants coups de chaleur, avec pour conséquence très courante une insuffisance cardiaque.

Le deuxième mécanisme est celui de la toxicité cellulaire. En effet, les cellules du corps ne sont pas faites pour supporter des températures supérieures à 38 degrés, et leur membrane a tendance à se désagréger dans ces conditions. Ce phénomène engendre la libération de molécules toxiques dans le sang, notamment présentes à l’intérieur des intestins, qui viennent ensuite contaminer l’ensemble du corps. Un troisième mécanisme nommé rhabdomyolyse, lié à la dégradation de certains muscles squelettiques, vient également renforcer la présence de ces molécules toxiques dans l’organisme.

Ces mécanismes entraînent ensuite directement une réaction inflammatoire des principaux organes vitaux. En effet, les toxines libérées dans le sang peuvent attaquer le cerveau, et même la région de l’hypothalamus dans des cas particulièrement graves. Celle-ci se retrouve alors dans l’impossibilité de continuer son travail de régulation de la chaleur du corps, ce qui mène rapidement à la mort. En outre, la réaction inflammatoire globale, si elle n’est pas arrêtée à temps, peut mener à un choc sceptique extrêmement dangereux.

Enfin, le mécanisme de coagulation du sang en réaction à une forte chaleur peut également mettre en danger la vie du patient, à travers la formation de plaquettes, et en augmentant les risques d’hémorragie interne majeure.

Les réflexes de prévention pendant la canicule

La canicule de 2003 a été un événement déclencheur qui a fait réagir les autorités sanitaires pour éviter un nouvelle vague de décès en période de grande chaleur. En effet, avant cet épisode, nous ne savions pas que le mécanisme de sudation ne peut pas durer plus de 48h chez les plus âgés lorsqu’il est déclenché sans interruption. Pour lutter contre ce phénomène, il suffit alors simplement de vaporiser régulièrement de l’eau sur la peau.

En outre, en période de canicule, il convient de boire d’autant plus d’eau et de maintenir un climat plus frais chez soi à travers des courants d’air et le maintien de l’ombre à l’intérieur de son domicile. Il est également fortement déconseillé de faire du sport ou de consommer des produits déshydratants comme l’alcool ou les protéines.

Enfin, il faut apprendre à dépister très rapidement les premiers signes d’un coup de chaleur, comme une peau particulièrement rouge, une baisse de tension, des maux de ventre et de tête ou encore une nervosité importante. Il ne faut alors pas tarder à consulter, tout en veillant à refroidir la température du corps en attendant les secours.

Publié le mardi 31 juillet 2018 à 16:32, modifications mardi 31 juillet 2018 à 11:06

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