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L’égalité des sexes était bien plus respectée à la préhistoire

Nos ancêtres du Paléolithique étaient bien plus féministes que nos sociétés actuelles, d’après cette nouvelle étude.

D’après une nouvelle étude menée à l’University College London, les tribus actuelles de chasseurs-cueilleurs présentent un meilleur respect de l’égalité homme-femme à travers une répartition des tâches plus égalitaire. Ainsi, c’est l’avènement de l’agriculture qui aurait donné naissance par le passé aux sociétés patriarcales.

Des tribus féministes !

Nous avons tendance à considérer les hommes de la Préhistoire comme des individus particulièrement sauvages et violents. Mais en réalité, d’après cette nouvelle étude scientifique, les tribus originelles était bien plus égalitaires que nos sociétés actuelles. Elle était également beaucoup plus organisées que nous le pensons, et même dans une certaine mesure féministes ! Nous avons donc beaucoup à apprendre de nos ancêtres.

Les conclusions de cette étude ont été tirées de l’analyse des comportements de tribus actuelles de chasseurs-cueilleurs. En effet, dans ces tribus qui vivent souvent en Afrique, en Amazonie et en Asie, les rapports entre les hommes et les femmes sont plus apaisés et égalitaires. Celle-ci jouissent ainsi d’un pouvoir d’influence quasiment égal sur le reste de leur tribu. 

Les deux principales tribus étudiées se situent au Congo et aux Philippines. Il s’agit d’une part des Mbendjele BaYaka et de l’autre des Agtas. Grâce à une série d’interview, les relations sociales et les interactions entre individus et tribu ont pu être décryptées avec une grande précision. Ainsi la plupart de ces tribus s’organisent en petit groupe d’une vingtaine de personnes, qui se déplacent d’un endroit à l’autre tous les 10 jours en fonction de leurs besoins en nourriture (viande, légumes et fruits, miel).

L’égalité des sexes, un atout sélectif ?

D’après l’auteur et directeur de cette étude Mark Dyble, anthropologue à l’University College London, le mythe selon lequel les sociétés primitives de chasseurs-cueilleurs étaient particulièrement machos et patriarcales est très éloigné de la réalité. Au contraire, ces dernières était particulièrement évoluées en terme d’égalité des sexes, et c’est l’avènement de l’agriculture marquée par une grande accumulation des ressources, qui a créé toutes ces inégalités.

Ainsi, d’après cette étude, l’égalité des sexes pourrait même avoir été un avantage en termes de sélection naturelle et de survie pour ces tribus ancestrales. Pour Mark Dyble, cette question, qui a rarement été étudiée en profondeur, et pourtant très importante pour comprendre la façon dont nous nous sommes distingués des autres espèces. L’égalité des sexes aurait ainsi une influence aussi importante que le développement du cerveau, l’émergence de l’union monogame et la création de langage pour comprendre l’évolution de l’Homme.

Dans les sociétés contemporaines de chasseurs-cueilleurs, les femmes sont donc autant écoutées et respectées que leurs partenaires masculins. En effet, les grandes décisions ne sont pas seulement prises par les hommes, et les femmes y contribuent autant, tandis que les différentes tâches ne sont pas divisées en fonction de l’appartenance à un sexe, mais bien par rapport aux capacités des individus. En outre, la décision d’intégrer une nouvelle personne au clan revient autant aux hommes qu’aux femmes. Et nous qui nous pensions évolués !

Pour Mark Dyble, lorsque seuls les hommes décident, cela a tendance à renforcer leur cohésion et en écarter les femmes de leur groupe. Le fait d’intégrer les femmes à la prise de décision permet donc d’inclure des individus plus variés au clan, ce qui crée des sociétés plus diverses et équilibrées. On voit donc que l’égalité des sexes a pour conséquence un meilleur brassage génétique et un avantage sélectif déterminant pour ces sociétés.

Un résultat à prendre avec précaution

Toutefois, il est important de noter que cette étude se base uniquement sur des sociétés de chasseurs-cueilleurs contemporaines. Les chercheurs de l’University College London en ont donc simplement déduit que leur mode de vie devait s’apparenter aux sociétés du Paléolithique. La nature de ce lien rend donc les conclusions de l’étude plus incertaines. 

En effet, rien ne permet de prouver avec certitude que les tribus ancestrales se comportaient de la même façon il y a des millénaires. Il est également difficile d’établir que l’égalité des sexes fut réellement un avantage sélectif pour ces tribus, même si de nombreux indices nous le laissent penser.

Publié le lundi 18 juin 2018 à 11:04, modifications mardi 12 juin 2018 à 15:55

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