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LinkedIn : Des fonctionnaires et chercheurs français espionnés par la Chine

Les services secrets français révèlent comment la Chine a mené une énorme opération d’espionnage en ciblant près de 4.000 Français sur le réseau social LinkedIn.

Des fonctionnaires et des chercheurs français ont récemment reçu des mails d’alerte, les mettant en garde contre des tentatives d’espionnage chinois. En effet, selon une information révélée mercredi 31 octobre par Le Figaro, des milliers de cadres de l’administration française ou de grandes entreprises auraient été pistés par la Chine via des réseaux sociaux professionnels. Ce vaste système d’espionnage concerne plus particulièrement LinkedIn et dans une moindre importance Viadeo.

Près de 4.000 cadres visés

Ainsi, cette alerte a été émise par deux services de renseignements français : la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) et la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI). Or, dans une note commune, les deux entités ont mis en évidence « une opération d’envergure des services de renseignements chinois menée ces dernières années sur les réseaux sociaux professionnels ».

Par ailleurs, elles ont précisé que les autorités chinoises ambitionnaient :

De pénétrer, à des fins d’espionnage, les plus hautes sphères de l’administration. Des cercles du pouvoir et des grandes entreprises françaises.

Dans les faits, des agents des services de renseignements chinois auraient pris contact avec plus de 4.000 cadres français. Ils se faisant passer pour des chasseurs de têtes ou des responsables de cabinet de recrutement. Ces Français auraient ensuite été invités en Chine pour participer à des colloques ou des conférences. Dans le même temps, il aurait été demandé à d’autres de produire des notes sur les relations entre la France et la Chine.

Chantage contre des informations confidentielles

Une fois cette première étape passée, les personnels du renseignement chinois faisaient chanter certains d’entre eux. Ils les obligeaient ainsi  à fournir des informations confidentielles sur leur administration ou leur entreprise. En cas de refus, ils les menaçaient alors de révéler à leurs employeurs leurs nouvelles accointances avec la Chine.

D’après les services français, cette opération aurait été pilotée par le ministère chinois de la Sécurité d’Etat. Or, cela constituerait « une menace inédite contre les intérêts nationaux ». Sur les 4.000 cadres ciblés, tous n’ont pas accepté les propositions de voyage des recruteurs. Cependant, plusieurs centaines de cibles sont entrées « dans un processus de compromission assez abouti ». Enfin, selon Le Figaro, certains des cadres visés auraient même été encouragés à passer des concours pour rentrer dans de nouvelles administrations.

Depuis le début de l’enquête, la DGSE et la DGSI auraient déjà identifié une quinzaine de sociétés écrans. Enfin, un guide de la « conduite à tenir » afin d’éviter de rentrer dans ce type de processus a également été détaillé dans cette note des services de renseignements. En effet, elle rappelle les précautions à prendre sur les réseaux sociaux, ce qu’on y met ou pas. En outre, les cibles sont aussi invitées à prévenir immédiatement les hauts fonctionnaires de défense dans les ministères ou les délégués sécurité dans les agences publiques.

A noter que la France n’est pas le seul pays visé. Des alertes similaires ont été lancées ces derniers mois par les États-Unis et l’Allemagne pour exactement les mêmes faits.

Publié le dimanche 4 novembre 2018 à 13:05, modifications samedi 3 novembre 2018 à 11:19

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