Justice

L’Azerbaïdjan poursuit France 2 en justice pour avoir été qualifié de «dictature»

Dans l’émission Cash Investigation, la chaîne France 2 a qualifié de « dictature » l’Azerbaïdjan. Le pays attaque la chaîne française pour diffamation.

Dans l’émission Cash Investigation du 7 septembre 2015, la journaliste Elise Lucet qualifiait l’Azerbaïdjan de « dictature, l’une des plus féroces au monde ». Ce mardi, au tribunal correctionnel de Nanterre, France 2 et la journaliste étaient poursuivis en diffamation par le pays.

Une présentation partiale selon l’Etat azerbaïdjanais

Le reportage, nommé « Mon président est en voyage d’affaires », était axé sur les coulisses des voyages présidentiels. Le journaliste Laurent Richard qualifiait également le chef de l’Etat azerbaïdjanais, Ilham Aliev, de « dictateur » et de « despote ». L’Azerbaïdjan avait alors porté plainte, entraînant la mise en examen (quasi automatique) de la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte pour « diffamation envers particulier » et d’Elise Lucet pour « complicité ».

L’Azerbaïdjan avait premièrement demandé des sanctions au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) contre France 2.

Me Olivier Pardo qui défend l’Azerbaïdjan affirme :

Cash Investigation est à la recherche du sensationnel. Ce n’est pas de l’information, mais de la dénonciation.

Pour lui, la présentation du pays et de son gouvernement dans l’émission est loin d’être partiale. En effet, Me Olivier Pardo décrit un reportage “sans nuance” et “absolument pas fidèle à la situation actuelle de cette jeune République.” Issue du bloc communiste, le pays progresse (…) sur le plan des droits de l’Homme et de la démocratisation” selon lui. De plus, il rappelle que la peine de mort a été abolie, que près de 500 journaux existent et que le multipartisme a été adopté.

Pourtant, selon Reporters sans frontières (RSF) les autorités ont discrètement réprimé toute presse indépendante. De plus, « les principaux sites d’information indépendants sont tous bloqués dans le pays ».

France 2 se défend

Alors que Me Jean Castelain, avocat de la défense, a indiqué pour sa part qu’il allait « soulever l’irrecevabilité de constitution de partie civile de l’Etat d’Azerbaïdjan », la partie inverse réfute. Effectivement, selon Me Jean Castelain, l’Etat azerbaïdjanais ne peut « être considéré comme un particulier » et donc agir en diffamation. Un point que conteste les concernés.

En réparation du préjudice estimé, l’Azerbaïdjan demande un euro symbolique. Les prévenues encourent une amende de 12.000 euros.

Toujours selon Reporters sans frontières (RSF) au moins 16 journalistes, blogueurs et collaborateurs des médias sont actuellement emprisonnés dans le pays. Pour la France, c’est la première fois qu’un Etat étranger poursuit un journaliste en diffamation devant les tribunaux français.

Publié le mercredi 6 septembre 2017 à 15:27, modifications mercredi 6 septembre 2017 à 13:18

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