Culture

Un OVNI dans lequel mourir près du studio d’Edvard Munch : un projet artistique controversé

L’artiste Norvégien Bjarne Melgaard se lance dans un projet architectural et artistique : construire une maison-Ovni à proximité du studio d’Edward Munch afin d’y mourir.

C’est de l’association d’un artiste contemporain et d’une société d’architectes qu’est né ce projet fou. Leur idée ? Réaliser une maison, à l’aspect ufologique, qui soit une expérience artistique dans son vécu, son approche et dans son intégration à l’environnement. Non loin de s’en suffire, l’idée est également celle d’une réflexion sur la mort car la finalité de cette œuvre serait d’y mourir. Les œuvres de l’artiste contemporain Bjarne Melgaard sont déjà très discutées. En 2014 il réalisait la sculpture d’une chaise formée comme une moitié de femme noir, générant un scandale à travers le pays. Le cabinet d’architecte, Snohetta, est lui notamment connu pour la réalisation de l’Opéra d’Oslo.

Entre art et architecture, l’expression à son paroxysme

Le projet est un point culminant de plusieurs techniques et inspirations. Surtout, il est la matérialisation de dessins réalisés par Melgaard et très inspirés par l’environnement et le travail de Munch. La motivation principale de ce projet architectural est un désir d’inverser les a priori scandinaves architecturaux autour de la durabilité. C’est donc une étude du temps qui passe qui est menée par cette réalisation. Entre vie de l’artiste et vie de l’habitat, il y a une recherche de la fin et de la possibilité d’affirmer l’endroit où celle-ci devient réelle.

Le design du bâtiment se veut surprenant, de façon telle qui se démarque du lieu où il se trouve tout en s’y intégrant parfaitement. En sorte d’écologie futuriste, les OVNIS inspirent les architectes et l’artiste. Ils souhaitent une coque externe noire cristalline, reposant sur des colonnes sculptées d’ animaux des bois. Leur idée serait d’utiliser du bois brûlé pour l’extérieur, et d’inclure des parois mobiles à l’intérieur. Dans une volonté d’expérimentation artistique ils désirent également réaliser une pièce qui serait une « chambre de drogue », suspendue au plafond et aux murs, et non pas prévue pour l’utilisation de narcotiques mais pour créer un sentiment de désorientation. D’autres propositions ont déjà été rejetées par les autorités attachées à la préservation.

Une opposition rude aux motifs incertains

L’artiste Edvard Munch mondialement reconnu pour son Cri a passé les 28 dernières années de sa vie dans une villa reculée au milieu de la forêt, à Ekely. Bien que cette villa ait été démolie, il existe aujourd’hui une colonie d’artistes installée près du studio d’hiver encore existant, déterminés à préserver l’héritage du peintre. Ce lieu est même devenu une destination de pèlerinage pour de nombreux fans qui viennent découvrir les sources et inspirations de ses dernières réalisations. Les habitants de cette colonie et de nombreux autres Norvégiens s’opposent radicalement à ce projet contemporain qui selon eux représente un danger. Des journalistes et d’autres artistes ont exprimés leurs inquiétudes concernant l’altération des dernières traces des paysages de Munch et le danger à faire disparaître l’importance de ce site sous le poids de ce projet contemporain.

Selon Mr. Melgaard, les inquiétudes sont infondées car son but n’est pas de nuire à l’environnement que Munch à laissé. D’après lui, les oppositions principales sont homophobes et le visent personnellement. En effet, des tags anti-gays ont pu être observés à l’emplacement prévu de la construction. À ses yeux, les personnes ne souhaiteraient pas voir de personne gay prendre trop d’importance.

Dans les semaines à venir, les autorités attachées à la conservation rendront leur décision quant à l’autorisation du projet. Malgré tout, cela soulève plusieurs interrogations concernant ce que doit être l’héritage d’un artiste. Ces œuvres ne suffisent-elles pas ? Aussi, ce projet étant également une réflexion du temps qui passe, il y a, avant même le début de sa réalisation, une réelle interrogation de ce que l’on est prêt à oublier ou non, et de ce que le temps altère. Les paysages que voient les admirateurs de Munch sont-ils les paysages qu’il a contemplé et représenté ?

Publié le mardi 6 février 2018 à 9:56, modifications mercredi 7 février 2018 à 9:36

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