Culture

Décès de Françoise Héritier, féministe, anthropologue et ethnologue

Françoise Héritier, première femme anthropologue au Collège de France, a mis le corps humain au cœur de sa discipline, pour notamment expliquer la domination masculine.

L’éditrice Odile Jacob a annoncé ce mercredi 15 novembre le décès de l’ethnologue et anthropologue Françoise Héritier.

A indiqué l’éditrice sur son compte Twitter.

Elle s’est éteinte à l’âge de 84 ans, le jour même de son anniversaire. Françoise Héritier faisait figure d’une des plus grandes intellectuelles françaises.

Professeur au Collège de France

Sociologue, anthropologue et ethnologue, elle avait été désignée par l’ethnologue Claude Lévi-Strauss pour lui succéder au Collège de France. En effet, professeur honoraire au Collège de France, elle avait inauguré la chaire « d’étude comparée des sociétés africaines ». Elle est alors devenue la deuxième femme à enseigner dans cette célèbre institution.

L’anthropologue a également dirigé le Laboratoire d’anthropologie sociale. Elle a œuvré toute sa vie sur la construction de la hiérarchie entre le masculin et le féminin. Ainsi, elle était considérée comme étant la théoricienne de la domination masculine.

L’égalité homme-femme ça avance, mais ça prendra des millénaires.

Disait-elle, renvoyant à notre « modèle fondé par les hommes de la préhistoire ».

Militante féministe

Elle a été membre du Conseil consultatif national d’éthique et présidente du Conseil national du sida de 1984 à 1995. En juillet 2011, elle avait intégré l’équipe de campagne de Martine Aubry pour l’élection présidentielle de 2012. Elle était chargée avec Caroline de Haas de la thématique Femmes.

En outre, avec les affaires de harcèlements de ces derniers jours, engendrée par l’affaire Harvey Weinstein, Françoise Héritier avait été sollicitée par les médias. La féministe était intervenue dans le débat public.

Ainsi, elle avait simplement déclaré sur France Culture :

Toutes les actions qui font avancer la cause des femmes sont bonnes à prendre.

Le jury, exclusivement féminin, du prix Femina lui avait remis la semaine dernière un prix spécial pour l’ensemble de son oeuvre. En 2012, elle avait écrit Le sel de la vie, devenu un best-seller. Elle y décrivait une médiation sur « les petits riens qui font le quotidien ». Françoise Héritier estimait que c’était cela qui nous « façonne profondément ».

L’anthropologue venait de publier Au gré des jour où elle se confiait. Elle aimait faire partager, selon son éditeur, « son amour des mots et son goût de vivre ». Françoise Héritier avait reçu le grade de Grand officier de la Légion d’honneur en 2014.

Publié le jeudi 16 novembre 2017 à 11:21, modifications jeudi 16 novembre 2017 à 10:53

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