Découverte

Sonde Cassini : L’exploration complète de Saturne a permis des « découvertes remarquables »

Vingt ans après son lancement, la sonde Cassini s’est désintégrée dans l’atmosphère de Saturne. Selon les scientifiques, elle a totalement dépassé ses objectifs scientifiques.

Lancée en 1997, la mission Cassini-Huygens a permis des découvertes remarquables sur les lunes, le système d’anneaux, l’atmosphère et la magnétosphère de Saturne. Or, vendredi 15 septembre, la sonde a achevé sa mission en plongeant dans l’atmosphère de la planète géante.

Cette mission d’exploration spatiale a été menée par la NASA et l’agence spatiale américaine. Epaulées par les agences spatiales européenne et italienne.

Avec près de 300 orbites autour de la grande planète gazeuse, elle a révélé de nombreux secrets scientifiques.

Ces découvertes faites par Cassini figurent parmi les plus époustouflantes en science planétaire.

A estimé Linda Spilker, la principale scientifique de la mission au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa en Californie.

Des découvertes tellement alléchantes pour les scientifiques que cette mission, financée à la fois par la NASA et l’agence spatiale européenne (ESA), a été prolongée par deux fois, en 2008 et en 2010.

A la clef, la récolte de 450.000 images, des milliards de données et 3.948 publications scientifiques.

Des océans d’eau sur Encelade

Encelade, petit satellite saturnien de 500 km de diamètre (contre 3.500 km pour la Lune), était considéré, avant la mission Cassini, comme un astre mort par les scientifiques. En effet, il était jugé trop petit pour avoir une activité géologique.

Pourtant, en 2005, la sonde a détecté des geysers au niveau de son pôle sud. Des geysers tellement puissants qu’ils sont à l’origine de la formation d’un des anneaux de Saturne.

Or, ce que rejette Encelade étonne aussi les spécialistes : de la vapeur d’eau et des grains de glace. Au bout de 23 survols du satellite, la sonde Cassini est parvenue à expliquer l’origine de ces jets : la présence d’un océan sous-glaciaire.

La découverte est incroyable puisque la seule mer sous-glaciaire détectée jusque là dans le système solaire était située sur Europe, un satellite de Jupiter.

200 lacs et des pluies d’hydrocarbure sur Titan

Seulement survolé une fois par Voyager 1 en 1980, les scientifiques ne connaissaient quasiment rien de Titan. En effet, à cause des épaisses brumes, la surface de ce gros satellite de 5.100 km de diamètre, est difficilement observable.

Fin du mystère avec la mission Cassini.

En envoyant à sa surface le module européen Huygens largué par Cassini, les scientifiques ont pu découvrir des paysages jumeaux à ceux de la Terre. Ainsi, le petit robot, qui a atterri sur Titan le 14 janvier 2005 et qui fait fonctionner pendant deux heures ses six instruments, a rapporté des clichés de collines, de rivières et de champs de dunes.

Or, Titan devient, avec la Terre, le seul endroit dans le système solaire présentant des surfaces liquides : 200 lacs et une mer de méthane et d’éthane. Son cycle hydraulique est même similaire à celui de notre planète.

Toutefois, à une différence près : sur Titan, ce ne sont pas des gouttes d’eau qui tombent du ciel mais des gouttes d’hydrocarbure.

Autre ressemblance avec notre planète : une atmosphère composée en très grande majorité d’azote et où évoluent des particules organiques. De quoi questionner les scientifiques sur l’habitabilité de Titan.

Des anneaux vivants

Même si Jupiter, Neptune et Uranus en ont aussi, les anneaux de Saturne en font son signe distinctif.

En effet, très nombreux, d’un diamètre total de 360.000 km et particulièrement brillants, ils sont composés essentiellement de glaces et de poussières.

Si sur les clichés de Cassini, ils semblent immobiles, dans le détail, il n’en est rien. Les anneaux de Saturne bougent en effet sous l’influence des satellites. A chaque passage de ces derniers, la gravitation agit et fait naître « des vagues » à la surface des anneaux.

Mais ces derniers recèlent cependant encore un mystère, puisque Cassini n’est pas parvenu à déterminer leur âge ou encore leur origine.

Dans l’œil du cyclone

Le pôle nord de Saturne est coiffé d’une magnifique et mystérieuse structure nuageuse de forme hexagonale. Les vents y soufflent à la vitesse de près de 350 km/h.

L’orbiteur Cassini est le premier à la visualiser entièrement à partir de 2007. Chacun des six côtés mesure 13 800 kilomètres, soit davantage que le diamètre de la Terre.

Juste au milieu, se trouve l’œil d’un cyclone de 2000  kilomètres de large, axe autour duquel tourne l’hexagone. Par ailleurs, il  effectue une révolution complète en un peu moins de 11 heures. Jusqu’à présent, aucun modèle météorologique n’est parvenu à expliquer sa formation et ses caractéristiques.

Encore d’autres découvertes à venir

La mission Cassini-Huygens a duré 20 ans mais ses fruits, eux, vont être exploités encore plusieurs années.

Au total, la sonde Cassini a en effet envoyé sur Terre 635 gigaoctets de données dont une partie n’a pas encore été analysée. En outre, lors de son crash programmé, Cassini a continué à travailler.

Pendant sa chute de 420 km, la sonde américaine a ainsi transmis un maximum de données sur les gaz, les températures et le champ magnétique de la planète.

Autant de nouvelles données à analyser pour les scientifiques.

 

Publié le dimanche 17 septembre 2017 à 11:37, modifications dimanche 17 septembre 2017 à 10:52

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