Société

Et si on utilisait la peau humaine pour limiter les tests sur les animaux en laboratoire ?

Le sort réservé aux animaux dans les laboratoires est terrible… Et s’il existait une solution pour limiter les tests sur les animaux ? Il semble qu’une start-up française ait enfin trouvé une idée révolutionnaire, qui pourrait bien changer beaucoup de choses…

Il y a certaines choses que nous sommes nombreux à ne plus supporter. Et parmi les sujets qui font polémiques depuis plusieurs années maintenant, on trouve les tests sur les animaux. Les laboratoires sont encore bien trop nombreux à utiliser les animaux pour réaliser des tests souvent cruels. Et il faudrait que ça cesse. Mais on nous dit que c’est difficile de faire autrement…

La preuve que c’est faux ! En effet, une société française de biotechnologie, Genoskin, est spécialisée dans le recyclage d’excès de peau humaine. Elle a ouvert un nouveau centre à Boston. Le but est de fournir les laboratoires afin qu’ils puissent tester leurs produits sur ces morceaux de peaux humaines plutôt que sur les animaux.

Alors qu’en est-il exactement ? De quoi parle-t-on ? Faisons un point sur ce sujet qui pourrait représenter un bel espoir pour nos amis les animaux

Des millions d’animaux tués chaque années

Chaque année en France, ce sont 2.2 millions d’animaux qui sont utilisés par les laboratoires dans le cadre d’expérimentations médicales. Ces chiffres sont avancés par l’association PETA. On trouve principalement des souris, des rats, des hamsters, des lapins, des chiens et des chats… C’est une vie terrible pour ces animaux qui souffrent, sont enfermés, et subissent des traitements terribles. Nombreux sont ceux à s’élever contre ces pratiques qui malheureusement, perdurent dans notre pays.

Il existe un décret national, qui porte le numéro 2013 118, sur les procédures expérimentales sur les animaux. On peut ainsi lire qu’elles sont autorisées si elles revêtent un caractère de stricte nécessité et qu’elles ne peuvent pas être remplacées par d’autres méthodes n’utilisant pas les animaux vivants. Le flou est donc évident : comment savoir s’il existe d’autres méthodes ? C’est très difficile… et les avancées en la matière sont malheureusement faibles.

Mais il semble exister une alternative particulièrement intéressante, qui serait à la portée de tous les laboratoires. Et qui permettrait de largement limiter les expérimentations sur les animaux…C’est en tout cas ce qu’a annoncé la société française Genoskin, qui a été créée en 2011 et qui est installée actuellement à Toulouse.

Une annonce pleine d’espoir

Il s’agit d’une société de biotechnologie. Elle vient d’annoncer une bonne nouvelle. En effet, elle a été autorisée à ouvrir un bureau et une unité de production à Boston, aux Etats-Unis. Ce qui prouve que l’idée est intéressante, et qu’elle pourrait bien être utilisée ailleurs qu’en France, et ce dès l’année prochaine.

Genoskin a eu une idée très simple : fournir des modèles de peau humaine vivante afin de tester les produits pharmaceutiques, cosmétiques et chimiques. Les laboratoires peuvent ainsi utiliser ces morceaux de peau humaine et éviter de faire des expériences sur les animaux. Non seulement les animaux sont épargnés, mais en plus, les échantillons sont ceux de peau humaine, ce qui est très intéressant dans le cadre des expérimentations.

Comment trouver la peau ?

C’est sans doute la question que vous vous posez en lisant cette information. Comment trouver de la peau humaine ? C’est vrai qu’on n’en trouve pas partout ! Mais en réalité, l’idée est simple et ingénieuse. En effet, la peau est tout simplement offerte par des patients qui ont notamment subi de la chirurgie plastique. On parle notamment d’abdominoplastie, c’est-à-dire de chirurgie qui enlève l’excès de peau du ventre.

Généralement, après cette opération, la peau du ventre qui a été retirée est éliminée par les hôpitaux. Mais Genoskin a proposé de la récupérer afin de la recycler avec une méthode que la société a brevetée. La peau est récupérée, puis placée dans un système de culture. Ce dernier contient une matrice spéciales qui permet de garder la peau en vie pendant plusieurs jours.

C’est une technique tout à fait innovante qui pourrait rendre service à de très nombreux laboratoires ! C’est un avantage évident pour ces derniers qui bénéficient ainsi d’échantillons de véritable peau humaine.

Pourquoi est-ce si intéressant pour les laboratoires ?

Les laboratoires recherchent de la peau qui s’apparente le plus possible à la peau humaine pour faire leurs tests. Souvent, ils utilisent la peau des animaux, ou encore de la peau imprimée en 3D. Leur objectif est d’étudier la toxicité et l’efficacité de certains produits comme les médicaments ou encore les cosmétiques par exemple.

Les tests sur les animaux sont donc souvent nécessaires. Mais ils sont longs, coûteux, et décriés ! Nombreux sont les consommateurs à chercher des produits non testés sur les animaux, estimant que ces pratiques ne sont pas éthiques. C’est un sujet très controversé qui fait souvent scandale… notamment ces dernières années !

Il faut en outre savoir qu’il existe des différences majeures entre les tissus animaux et les tissus humains. Les tests sur les animaux ne sont donc pas toujours fiables, et il est impossible de tester les produits directement sur les êtres humains… Ce qui a pour conséquence que la plupart des médicaments qui sont validés chez les animaux au cours d’études précliniques, ne peuvent pas être commercialisés car on ne sait pas exactement ce qu’ils manifesteront chez l’homme.

Il faut donc trouver d’autres solutions, et c’est justement ce qu’a fait la société française. Pascal Descargues, fondateur et PDG de Genoskin, en est persuadé : leur idée marque un tournant !

Quel avenir pour les échantillons de peau humaine ?

Et bien Genoskin est très optimiste concernant l’avenir de son ingénieuse idée. En effet, il faut savoir que le marché mondial des essais de toxicologie in vitro devrait atteindre 27,4 milliards de dollars d’ici à 2021. Ce qui représente une croissance de 14% par rapport à 2016. Or, le marché américain est particulièrement important dans ce domaine,  notamment pour Genoskin. En effet, le PDG de la société a rappelé que les ventes américaines avaient représenté 30% du chiffre d’affaires en 2016. C’est donc une très bonne nouvelle de pouvoir mettre en place une nouvelle unité de production aux États-Unis en 2018. Car les exportations vers les Etats-Unis étaient déjà une réalité, mais malheureusement, les procédures de douanes et les contrôle de la FDA (Food and Drug Administration) rendaient les choses assez complexes.

L’ouverture de l’unité de production locale de Genoskin, à Boston donc, va permettre de simplifier tout cela. Les laboratoires américains vont profiter des échantillons de la peau humaine très prochainement . L’entreprise ne compte pas s’arrêter là et à lancer une campagne de fond, se disant intéressée par toutes sortes de collaborations industrielles, financières et universitaires pour “stimuler son expansion”.

Il faut encourager cette pratique qui pourrait considérablement réduire les tests sur les animaux dans les laboratoires, aussi bien en France qu’à l’étranger. Car ces tests sont insupportables, et les images souvent diffusées par les associations de protection animale parlent d’elle-même. Alors pourquoi ne pas davantage utiliser ces échantillons de peau humaine ? Que pensez-vous du concept lancé par Genoskin ? Le débat est ouvert !

Publié le vendredi 8 septembre 2017 à 14:46, modifications dimanche 10 septembre 2017 à 4:06

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