Société

Le neurodroit, un point essentiel souvent oublié du débat sur la bioéthique

Ce sujet trop peu évoqué est pourtant un point essentiel du débat sur la bioéthique.

L’imagerie cérébrale peut être utilisée à des fins judiciaires depuis 2011, ce qui inquiète plusieurs chercheurs, alors même que le débat sur la bioéthique est relancé dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique.

Une première mondiale

La France fut le premier pays du monde à légaliser l’utilisation de l’imagerie cérébrale dans un cadre judiciaire avec la loi bioéthique de 2011. En effet, l’article 16-14 du code civil autorise depuis l’adoption de cette loi le fait de demander à un expert d’utiliser cette technologie pour déterminer si un témoignage est vrai ou pas ou encore évaluer un potentiel risque de récidive. Cette méthode a ainsi été utilisée comme un véritable détecteur de mensonge pendant des interrogatoires de la police.

A l’époque, l’adoption de cette loi s’est faite en dépit de l’avis négatif de nombreux chercheurs, qui craignaient que celle-ci permette de légitimer d’autres mesures sécuritaires du même type. Alors que les Etats généraux de la loi bioéthique se sont ouvert à la fin du mois de janvier, il est donc essentiel de relancer ce débat.

Les enjeux sont très importants, d’autant que les neurosciences occupent une place de plus en plus prépondérante à l’échelle sociale et politique. Ainsi, la nomination du neuroscientifique Stanislas Dehaene à la tête du Conseil scientifique de l’éducation nationale montre bien l’ampleur ce phénomène. Il faut donc espérer que cette fois-ci, l’avis des experts sera vraiment pris en compte.

Publié le vendredi 16 février 2018 à 18:02, modifications vendredi 16 février 2018 à 17:14

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