Société

La libération des terroristes condamnés avant 2016 pose problème

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D’ici 2019, une quarantaine de terroristes incarcérés vont être remis en liberté. Se profile la question de la prise en charge de ce nouveau phénomène par le gouvernement.

Un enjeu sécuritaire pour la France

Prochainement, l’état va devoir faire face à une nouvelle problématique en matière de terrorisme et de sécurité. Celle-ci concerne la sortie de prison de radicalisés, incarcérés en France pour des faits relevant du terrorisme. Le procureur de la République de Paris, François Molins, a insisté sur l’enjeu majeur de ces libérations, dont une vingtaine vont avoir lieu cette année.

On court un risque majeur de voir sortir de prison à l’issue de leur peine des gens qui ne seront pas du tout repentis, qui risquent même d’être encore plus endurcis compte tenu de leur séjour en prison.

A t-il pointé lundi soir au micro de BFMTV. Et le procureur de préciser que ces sorties, qui peuvent sembler prématurées compte-tenu de la situation actuelle, concernent des peines plus légères données jusqu’en 2016.

Avant 2016, on ne criminalisait pas car on avait pas tout à fait pris conscience de la menace de Daesh, mais depuis les attentats, on considère que tous ceux qui ont rejoint la zone irako-syrienne pour rejoindre Daesh se rendent coupables d’une association de malfaiteurs terroristes criminelle ce qui les rend passible d’une cour d’assises

Le 25 mai, le Centre d’Analyse du Terrorisme (CAT) a rendu publics les chiffres d’une étude axées sur ces libérations. Ceux-ci indiquent qu’entre 2012 et 2023, 47 personnes auront purgé leur peine, soit 65% de la totalité des détenus impliqués dans des affaires de terrorisme irako-syriennes. Ce qui représente pas moins de 115 individus potentiellement dangereux remis en liberté d’ici 2020.

Quels recours pour garantir la sécurité des citoyens ?

La question qui se pose à présent est celle de la sécurité nationale et de la surveillance de ces nouveaux « sortants ». François Molins a rappelé que les infractions liées au terrorisme, auparavant traitées comme des délits, sont désormais considérées comme des crimes, et donc passibles de peines plus lourdes qui peuvent atteindre les 10 ans de prison. Mais il ajoute que pour pallier d’éventuelles récidives, l’efficacité des services de renseignement et de la justice devra être renforcée. Pour cela, le procureur, invite à une vigilance accrue et à une meilleure communication entre les instances.

Il faudra qu’on se parle beaucoup plus pour s’assurer qu’ils sont surveillés comme il faut, donc cela nécessite un travail de fond entre l’administration pénitentiaire, les services de renseignements, les préfectures, les acteurs judiciaires et le parquet.

Des mesures d’encadrement perfectibles, selon François Molins, qui prendra sa retraite en novembre prochain, alors même que la France a fait l’objet d’un rappel à l’ordre de la part de l’ONU au sujet de sa politique antiterroriste jugée défaillante et « préoccupante » pour les libertés individuelles.

Publié le mardi 29 mai 2018 à 16:04, modifications mardi 29 mai 2018 à 12:30

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