Société

Ile-de-France : Valérie Pécresse veut imposer « Molière » sur les chantiers

La majorité régionale d’Ile-de-France emmenée par Valérie Pécresse à validé la clause « Molière » pour ses marchés publics. Celle-ci impose aux travailleurs détachés dans des TPE et PME de parler uniquement en français. Une clause qui n’a pas les faveurs de tous.

Après les régions de Normandie, des Hauts-de-France et Rhône-Alpes-Auvergne, c’est au tour de l’Ile-de-France d’appliquer la clause dite « Molière ». En effet, Le Conseil régional présidé par Valérie Pécresse (Les Républicains), a adopté jeudi 9 mars un Small Business Act francilien pour favoriser l’accès des Très Petites Entreprises et Petites et Moyennes Entreprises (TPE-PME) à la commande publique.

Un privilège qui a toutefois été conditionné au respect de la clause « Molière » et qui impose l’usage du français.

Ainsi, ce dispositif prévoit que

Sur les marchés qui le permettent, de s’assurer que l’ensemble des ouvriers comprennent et parlent le français, et, si c’est impossible, d’imposer la présence d’un interprète.

Par conséquent, cette clause est censée lutter contre la directive européenne des travailleurs détachés.

Nous assumons. C’est une condition sine qua non pour la sécurité des travailleurs sur les chantiers.

S’est justifiée Valérie Pécresse, qui a précisé que plusieurs secteurs pourraient être touchés par cette clause. A savoir les travaux publics, les transports, la formation professionnelle mais aussi les activités de conseil.

Une mesure qui divise

Or, cette mesure votée par la majorité LR-UDI, ainsi que par le Front national, a soulevé les critiques de l’opposition de gauche.

Cette dernière a notamment rappelé qu’un texte similaire adopté par la région Rhône-Alpes-Auvergne, présidée par Laurent Wauquiez (Les Républicains), avait été mal perçue par le préfet de la région.

En imposant une telle discrimination en Ile-de-France, Pécresse s’engage sur un terrain glissant, politiquement comme juridiquement. C’est une tentative d’imposer la préférence nationale.

A ainsi dénoncé Vanessa Ghiati, une élue du Front de Gauche.

De son côté, la région a indiqué vouloir favoriser l’accès des PME locales aux marchés publics, tout en luttant contre le travail illégal et les fraudes au détachement.

La région passe chaque année 600 M€ de commandes publiques. Il s’agit donc d’une manne potentielle pour les 835 000 TPE-PME de la région et leurs 4 millions de salariés.

Publié le samedi 11 mars 2017 à 15:16, modifications samedi 11 mars 2017 à 15:16

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