Société

Hommes noirs tués par la police aux États-Unis : Frank Edwards estime que les chiffres réels sont loin du compte

Hier, un rapport de l’American Journal of Public Health nous apprenait qu’aux USA, les hommes noirs ont trois fois plus de chance d’être tués par la police que ceux d’autres groupes ethniques. Pourtant, ces chiffres sont minorés. L’auteur principal de la publication s’étend sur les mécanismes en jeu.

Frank Edwards est un postdoctorant états-unien. Associé à l’université de Cornell, on lui doit les travaux de recherche dont MinuteNews relayait les conclusions la veille. En effet, des faiblesses émaillent la collecte de données des services officiels.

Par conséquent, Edwards, en les rectifiant, arrive à un constat alarmant. Les Afro-américains ou ceux perçus comme tels sont 3 à 8 fois plus souvent tués par la police que leurs pairs. Toutefois, les nombres définitifs seraient pires. Frank Edwards liste ces facteurs limitant l’accès aux sources.

La spécificité des zones rurales

D’abord, les services de police des zones rurales sont à la fois moins à la pointe, professionnels et sujets à des investigations que leurs homologues citadins. Or, ce sont des aires où les préjugés ont souvent la dent dure. Ainsi, en plus de l’influence de la composition ethnique des effectifs, les rapports sociaux des forces de l’ordre avec les administrés s’articulent autour de la “race”, du genre” etc.

Pas d’obligation de renseigner ces décès

Ensuite, il n’y a aucune obligation légale, pour ces départements policiers, d’informer le Bureau des statistiques de la justice. C’est-à-dire que toutes les données-concernant les arrestations ayant conduit à la mort-collectées par le Bureau des statistiques de la justice sont incomplètes.

Cet organe est la principale source utilisée en matière de chiffres analysant le phénomène. Or, il se base sur des rapports obtenus volontairement. Ainsi, il n’est pas étonnant que ceux-ci omettent des facteurs importants.

Comme les conditions exactes de la mort, le groupe ethnique du décédé, le fait qu’il possédait ou non une arme. Et ce, quand les policiers concernés souhaitent enregistrer un dossier, ce qui n’est pas toujours le cas.

La méthode de Frank Edwards

De fait, pour parvenir à une vue complète, journalistes, activistes et chercheurs ont usé d’une méthode jugé plus fiable par le Bureau des statistiques de la justice lui-même. Ils se sont servis autant des archives, que des documents de presse et dossiers publics.

Ainsi, Frank Edwards et son équipe ont compilé des informations du 1er janvier 2012 au 12 février 2018. Sur cette période de 6 ans, ils ont établi une moyenne de 1 028 morts masculins des mains de la police. Soit, 2,8 décès par jour.

Les  chiffres obtenus

Parmi les 6 295 victimes recensées par l’étude, on compte :

  • 2 993 Blancs ;
  • 1779 Noirs ;
  • 1145 Latinos ;
  • 114 Asiatiques ou Iliens du Pacifique ;
  • 94 Indiens d’Amérique ou Natifs d’Alaska.

Lorsque l’on ramène ces chiffres à leur population d’origine, on obtient un ratio de :

  • 2.1 Noirs tués pour 100 000 ;
  • 1 Latino tué pour 100 000 ;
  • 0.6 Blanc tué pour 100 000.

De plus, les chercheurs ont comparé, entre ces trois groupes, les risques d’être tués par la police. Il est de 3,2 à 3,5 fois plus fort pour les Noirs que les Blancs et 1,4 à 1,7 fois plus élevé pour les Noirs que les Latinos.

 

 

Publié le jeudi 9 août 2018 à 14:02, modifications jeudi 9 août 2018 à 11:14

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