Santé

Oise : un arrêté du maire interdit à ses concitoyens de mourir chez eux

Mercredi 17 mai, c’est un bien étrange arrêté municipal que le maire de Laigneville, dans l’Oise a rédigé. Christophe Dietrich, le maire sans étiquette, a décidé d’interdire aux habitants “de décéder à domicile sur le territoire de la commune”.

 

Les habitants de cette commune qui ont découvert cet arrêté mercredi ont vraiment cru que le maire était sérieux.

Mais alors pourquoi un tel arrêté ?

Cet arrêté municipal que le maire qualifie lui-même d'”absurde” et d'”inapplicable”, n’est ni plus ni moins qu’une volonté d’interpeller le gouvernement sur la désertification médicale dont souffre sa commune de 5 000 habitants. Ce « coup de gueule » du maire est intervenu suite au deuxième décès en trois semaines qu’il a eu peine à faire constater par un médecin. En effet, il a du attendre 6 heures avant qu’un médecin ne prononce le décès. Après des dizaines d’appel, c’est finalement le Samu qui fera le constat.

Ce sont eux qui ont fait le constat alors que ce n’est pas dans leurs attributions normalement, 

déplore-t-il.

Il a expliqué,

Cela fait deux fois en trois semaines que je suis confronté à un décès sur ma commune et on a mis entre 4 et 6 heures à obtenir un médecin pour faire constater le décès.

ajoutant :

J’ai 5.000 habitants sur ma ville. J’ai deux médecins qui partent à la retraite à la fin de l’année et, pour l’instant, sans remplaçant.

La désertification médicale dans l’Oise

Le maire, Christophe Dietrich, explique qu’il a tenté de recruter des médecins en proposant des conditions de travail attractives, mais sans succès.

Il faut savoir qu’aujourd’hui dans cette région de Picardie, il n’y a que 77 médecins pour 100.000 habitants selon l’Agence régionale de la santé (ARS) alors que la moyenne nationale est de 284. En promulguant cet arrêté il espère que le nouveau gouvernement réagira. Pour lui,

C’est l’unique solution qu’il me reste pour être entendu. Eux peuvent prendre des mesures concrètes pour régionaliser la profession c’est-à-dire fixer les médecins dans la région où ils ont fait leurs études.

Christophe Dietrich n’a pas transmis l’arrêté au préfet qui l’aurait jugé “illégal”. Mais il menace de le faire si les choses ne changent pas. Effectivement, vu la situation pour des défunts, qu’en est-il pour ceux qui sont malades ?

 

 

Publié le vendredi 19 mai 2017 à 14:26, modifications vendredi 19 mai 2017 à 17:23

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