Santé

La question de vacciner les hommes contre le papillomavirus se pose de plus en plus

La vaccination universelle contre le papillomavirus pourrait aider à éradiquer le cancer du col de l’utérus d’ici 2 décennies.

Cette question peut paraître déroutante au premier abord, mais elle est de plus en plus d’actualité. En effet, d’après la professeure Elisabeth Bouvet, à la tête de la nouvelle commission technique des vaccinations, la preuve que le papillomavirus humain se transmet de garçons à filles est désormais établie, ce qui devrait pousser les autorités sanitaires à mettre en place des solutions durables.

Des avancées récentes dans la compréhension de ce virus

Le papillomavirus cache sous son nom quelque peu étrange une famille de virus très présente dans notre vie de tous les jours. En effet, nombreuses sont les femmes à y être exposées, notamment les plus jeunes, et la plupart d’entre elles guérissent sans avoir besoin de prendre de traitement.

En effet, près d’une femme sur deux sexuellement active sera touchée par ce virus dans sa vie. Outre ce chiffres impressionnant, on sait qu’à chaque instant, 30 % des femmes âgées de moins de 30 ans, et 10 % des autres sont atteintes du papillomavirus. Celui-ci se transmet par le contact direct d’une muqueuse avec une source infectée, ou bien indirectement, comme à travers des objets, des toilettes contaminés ou à la piscine.

Des études récentes ont permis d’établir avec certitude le rôle important du papillomavirus dans le développement de certains cancers, comme celui du col de l’utérus. On sait maintenant qu’il s’agit du premier facteur de risque en la matière, avec près de 1100 décès chaque année. Le papillomavirus est également appliquer dans le cancer de l’anus et certains cancers de la zone ORL.

Un vaccin qui peine à se démocratiser

Les vaccins contre le papillomavirus ont émergé depuis 2006. Dans la plupart des pays européens, ils sont vivement recommandés pour les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans en priorité, ainsi que chez les jeunes individus masculins homosexuels, chez qui le taux de cancer de l’anus lié à ce virus est important.

Mais malgré cette solution durable pour lutter contre virus, le vaccin reste très peu administré en France, avec un taux de vaccination de 20 % pour les jeunes filles. Les causes de ce phénomène sont multiples. On peut ainsi citer le scepticisme face aux vaccins en général dans la société actuelle, ou encore son prix élevé, d’autant qu’il n’est remboursé qu’à 65 % et requiert de multiples injections. 

Dans ce contexte, le fait de vacciner les garçons se justifie à plusieurs égards. Ce serait en effet un excellent moyen de lutter contre le cancer de l’anus pour les jeunes homosexuels. Un vaccin pour les hommes permettrait également de limiter les cas de transmissions d’un homme à une femme. Enfin, une vaccination universelle permettrait également de désexualiser cette procédure médicale et de la banaliser.

Des pays testent déjà cette solution

Plusieurs pays comme l’Australie, le Canada ou encore l’Autriche, préconisent une vaccination pour les deux sexes. L’Australie l’a d’ailleurs mise en place depuis 2013. Et les arguments scientifiques en faveur de cette généralisation commencent à s’accumuler. Ainsi, une étude clinique réalisée en Suède a permis de montrer que la vaccination conjointe des garçons et les filles permettait d’augmenter le niveau de protection de la population féminine contre le papillomavirus.

La vaccination généralisée des hommes permettrait donc de réduire le nombre de virus en circulation dans la population en général. En effet, une autre étude scientifique effectuée en Australie a également montré que l’on pouvait vaincre le cancer du col de l’utérus dans les 20 prochaines années en démocratisant la vaccination.

Pour ce qui est de la France, si la piste d’une généralisation du vaccin obtient de plus en plus de soutien, la question est loin d’être tranchée. En effet, le coût de celle-ci reste encore trop important pour viser une prise en charge systématique.

Mais certains organismes comme le comité technique des vaccinations restent sceptiques sur cette question pourtant importante. En effet, ce dernier avait publié un rapport en 2016 dans lequel il affirmait que la vaccination universelle n’était pas une solution vraiment efficace pour vaincre définitivement le papillomavirus. Les expérimentations dans d’autres pays nous permettront de le vérifier dans les prochaines années.

Publié le samedi 16 juin 2018 à 13:39, modifications samedi 16 juin 2018 à 12:40

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