Politique

Transition énergétique : Nicolas Hulot acte le report de la baisse du nucléaire dès 2030

Attaqué sur ce report de baisse du nucléaire, Nicolas Hulot a plaidé pour le « réalisme ».

La loi de 2015 sur la transition énergétique prévoit de ramener de 75 % à 50 % d’ici à 2025 la part du nucléaire dans la production d’électricité française. Or, il s’agit d’un objectif « difficile » et « compliqué » pour Nicolas Hulot. En effet, le ministre de Transition écologique a annoncé ce mardi 7 novembre, au cours d’une conférence de presse en marge de la COP 23, que cette baisse ne serait pas atteinte.

Sauf à relancer la production d’électricité à base d’énergies fossiles et renforcer les émissions de gaz à effet de serre.

A-t-il prévenu à l’issue d’un conseil des ministres anticipé.

Trouver une date réaliste

Nicolas Hulot, qui avait pourtant évoqué cet été la possible fermeture de dix-sept réacteurs nucléaires dans le pays pour permettre la transition énergétique à l’horizon 2025, a évoqué une volonté de « réalisme ». En outre, il a précisé sur Public Sénat qu’il allait travailler sur « l’échéance de 2030 ou 2035 ».

On ne revient pas sur les objectifs, on les rend tous compatibles.

A-t-il toutefois voulu rassurer.

Néanmoins, il a réfuté les accusations « de reculade » portée par les écologistes, surpris et déçus.

Ce ne sont plus des couleuvres qu’il avale, mais des boas.

A ainsi critique Yannick Jadot d’Europe-Ecologie-Les Verts sur France Info, en condamnant « l’énorme faute politique » qui consiste à opposer protection du climat et sortie du nucléaire.

Le risque nucléaire n’est pas moindre que celui du réchauffement climatique. Il met en jeu la survie de l’humanité et des éco-systèmes.

A-t-il fait valoir.

Or, Nicolas Hulot s’est justifié en expliquant qu’il préférait prendre le temps pour trouver une « date réaliste » pour que le nucléaire descende à 50%.

Tout cela va prendre quelques mois. Et en fonction de ça nous fixerons une nouvelle date.

A détaillé le ministre, en s’appuyant sur le diagnostic fait par RTE dans son bilan prévisionnel.

A ce jour, seule la fermeture des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim (dans le Haut-Rhin) a été actée.

Nicolas Hulot s’aligne avec les conclusions de RTE

En effet, RTE, la filiale d’EDF qui gère le réseau de transport d’électricité, avait déjà pointé mardi la difficulté à atteindre l’objectif de 2025 sans augmenter les émissions de CO2.

L’atteinte de l’objectif des 50% de nucléaire dans la production d’électricité en 2025 conduit systématiquement à une augmentation des émissions de CO2 du système électrique français. Car il faudrait utiliser plus de centrales à gaz et à charbon.

A déclaré un porte-parole de RTE.

Ces émissions atteignent des niveaux compris entre 38 et 55 millions de tonnes de CO2 par an en fonction des variantes.

A-t-il ajouté.

En outre, selon les calculs de l’entreprise publique, pour baisser la part du nucléaire dans la production d’électricité française à 50 % dans ce délai, il faudrait fermer 24 réacteurs nucléaires d’une capacité de 900 mégawatts. En contrepartie, il faudrait investir sans délai dans le développement des énergies renouvelables.

Une mauvaise décision

Face à ce nouveau délai, les associations de défense de l’environnement ont décrié en bloc un « renoncement ».

Ce n’est pas en reculant sur le nucléaire que la lutte contre les dérèglements climatiques s’accélèrera.

A ainsi dénoncé Greenpeace qui a appelé Nicolas Hulot à « être le rempart » contre les lobbys du nucléaire ou du pétrole.

Pour sa part, le Réseau Action Climat a regretté une « reculade » de Nicolas Hulot. Alors que le Réseau Sortir du Nucléaire a vilipendé un « renoncement inacceptable ».

Publié le jeudi 9 novembre 2017 à 12:13, modifications jeudi 9 novembre 2017 à 11:43

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