Politique

Débat à 11 : A son tour, le CSA émet des réserves sur la date du 20 avril

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a jugé la date trop tardive pour laisser aux candidats le temps de réagir si de nouveaux éléments de polémique surgissent.

Après la mise en cause, par Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, de leur participation au débat à onze que prévoit France 2 jeudi 20 avril, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a lui aussi réagi mercredi 29 mars dans un communiqué.

Dans celui-ci, il s’est dit «préoccupé», notamment en raison du choix de la date.

La chaîne publique prévoyait d’organiser une dernière confrontation avant le premier tour, avec les 11 candidats, le jeudi 20 avril au soir, soit trois jours avant le scrutin.

Pourtant, à l’image de Jean-Luc Mélenchon, plusieurs des principaux candidats ont fait part de leur hésitation à y participer si cette date était maintenue.

Période de réserve

Le CSA a rappelé que le dernier débat présidentiel devait avoir lieu « 24 heures avant la période de réserve précédant le premier tour de l’élection présidentielle».

Et, cette période commence le samedi 22 avril à minuit, sachant que le premier tour a lieu le dimanche 23. A partir de là, les candidats ne pourront plus faire campagne.

Par conséquent le CSA a estimé :

Au cours de ce débat peuvent surgir des éléments nouveaux de polémique électorale. Auxquels des candidats mis en cause ne seraient pas en mesure de répondre utilement. Compte tenu de la brièveté du temps qui leur serait laissé.

Afin de souligner l’ampleur du problème, il s’est référé à l’article L.48-2 du code électoral, qui stipule :

Il est interdit à tout candidat de porter à la connaissance du public un élément nouveau de polémique électorale. A un moment tel que ses adversaires n’aient pas la possibilité d’y répondre utilement avant la fin de la campagne électorale».

Or, c’est précisément le problème qu’a soulevé Jean-Luc Mélenchon ce mardi 28 mars sur son blog.

France 2 ne s’est pas demandée si nous sommes d’accord pour mettre en jeu toute notre campagne 48 heures avant le vote.

Le candidat de la France insoumise a été suivi par Emmanuel Macron, qui a renchéri :

Un débat prévu sur CNews et BFM TV le 4 avril suffira à onze. Et pas un débat de dernière minute.

Mêmes appréhensions chez François Fillon et Marine Le Pen.

Ainsi, les candidats ont déclaré qu’ils préféraient se concentrer sur leurs derniers déplacements de campagne.

Cependant, le seul partant pour ce débat chez les principaux candidats, est Benoît Hamon.

Effectivement, le socialiste compte sur cette dernière confrontation pour capter le vote des électeurs indécis, qui se décideront, dit-il, « dans la dernière semaine ».

Un dialogue pour trouver un accord

Enfin, dans son communiqué, le CSA a indiqué qu’il avait mandaté son président, Olivier Schrameck, pour qu’il fasse part de cette préoccupation à Delphine Ernotte, la PDG de France Télévisions.

En effet, mardi, France Télévisions avait refusé de reconsidérer l’organisation du débat, arguant que

comme tous les candidats déclarés, M. Mélenchon a reçu une lettre recommandée avec accusé de réception. Doublée d’un message mail le 31 janvier l’invitant au débat du 20 avril. Il n’y a eu alors aucune contestation de sa part ni du débat ni de la date proposée.

Pour tenter de trouver une solution, une réunion est prévue ce jeudi à 18 heures à France Télévisions, avec les représentants de chaque candidat.

 

Publié le jeudi 30 mars 2017 à 11:19, modifications jeudi 30 mars 2017 à 11:20

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