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Pays basque : Avant d’être dissoute, l’organisation indépendantiste ETA demande pardon « pour le mal qu’elle a causé »

L’organisation séparatiste basque ETA évoque, dans un communiqué, « la souffrance démesurée ».

Alors que l’ETA va annoncer le premier week-end de mai sa dissolution, l’organisation indépendantiste basque reconnaît « la douleur provoquée ». Elle a fait son mea-culpa par le biais d’un communiqué publié ce vendredi 20 avril dans les journaux basques Gara et Berria. Par ailleurs, elle admet la « responsabilité directe » dans « la souffrance démesurée » que la société a dû endurer.

Rien de tout cela n’aurait dû arriver

Ainsi, pour la première fois, cinquante-neuf ans après sa création, l’ETA demande « pardon aux victimes « qui n’ont pas directement participé au conflit. En outre, l’organisation parle d’une « souffrance démesurée », « des morts, des blessés, des torturés, des séquestrés et des personnes forcées de fuir à l’étranger ». Et reconnaît donc sa « responsabilité directe ».

Rien de tout cela n’aurait jamais dû arriver ou n’aurait dû se prolonger si longtemps.

Regrette l’ETA.

Cependant, l’ETA affirme qu’elle n’est pas seule responsable des souffrances au Pays basque espagnol. En effet, sans mettre en cause nommément l’Etat espagnol, l’ETA demande à « tous de reconnaître les responsabilités et les torts causés ». Et s’engage à œuvrer à la réconciliation.

Pour mémoire, le groupe armé clandestin a été créé en 1959 en pleine dictature espagnole de Francisco Franco. On lui attribue 829 morts et des milliers de blessés au nom de son combat indépendantiste, ainsi que des enlèvements et rackets. L’organisation a pour sa part perdu en un demi-siècle d’affrontements près de 200 militants et sympathisants.

Dissolution en mai

Or, l’ETA annoncera sa dissolution complète pendant le premier week-end de mai au Pays basque français. Jeudi 19 avril, Alberto Spectorovsky, médiateur international, a assuré, au micro de la radio publique basque EITB, qu’il s’agira d’une « déclaration très claire ». En effet, le Groupe international de contact (GIC), composé d’experts en résolution de conflit, a travaillé à favoriser la paix au Pays basque. Pour rappel, il s’agit d’un région du nord de l’Espagne qui comprend également une partie des Pyrénées-Atlantiques en France. Elle est habitée par près de 2,2 millions d’habitants.

Apparemment, l’annonce de la dissolution se produira le premier week-end de mai, le 5 ou le 6. S’il n’y a pas d’imprévu de dernière minute.

A précisé Alberto Spectorovsky ajoutant qu’à priori, l’annonce se fera au Pays basque français.

La déclaration selon laquelle l’ETA n’existe plus sera très claire. Les mots, je ne peux pas les citer. Mais plus personne n’aura de doute.

A-t-il assuré.

Il va apparaître clairement qu’un chapitre de l’histoire du Pays basque et de l’histoire de l’Espagne est clos.

A conclu Alberto Spectorovsky

L’ETA avait renoncé à la violence en 2011. Sept ans plus tard, le 8 avril 2017, l’organisation avait déposé les armes en remettant la liste des caches à la justice française.

De son côté, le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy, qui a systématiquement refusé, depuis 2011, toute négociation avec le groupe armé et exigé sa dissolution sans contrepartie, a célébré la victoire de l’Etat de droit.

Ce n’est qu’une nouvelle conséquence de la force de l’Etat de droit qui a vaincu l’ETA avec les armes de la démocratie.

A-t-il déclaré dans un communiqué ajoutant :

Cela fait très longtemps que l’ETA aurait dû demander pardon. Les victimes, leur mémoire et leur dignité ont été déterminantes dans la défaite de l’ETA.

 

Publié le vendredi 20 avril 2018 à 12:17, modifications vendredi 20 avril 2018 à 12:27

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