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Nouvelle recrudescence de la violence à Gaza, Israël accuse la Syrie et l’Iran

Israël a accusé samedi la Syrie d’avoir ordonné avec l’aide de l’Iran le tir de dizaines de roquettes depuis l’enclave palestinienne de Gaza vers son territoire promettant que sa riposte “ne sera pas limitée géographiquement”.

La bande de Gaza et le sud d’Israël qui borde ce territoire ont connu une nouvelle flambée de violences avec six Palestiniens tués vendredi lors de heurts avec l’armée israélienne, des dizaines de roquettes tirées ensuite de Gaza vers Israël qui a riposté par des dizaines de frappes aériennes sur le territoire palestinien.

Ces violences interviennent alors que des pourparlers indirects sont en cours avec l’aide de l’Egypte pour tenter de réduire la tension entre Israël et la bande de Gaza, gouvernée par le mouvement islamiste Hamas et qui est sur le point “d’imploser” en raison des pénuries affectant la population et d’un strict blocus israélien, selon l’ONU.

“Les tirs de roquettes dans la nuit sur Israël ont été ordonnés par Damas avec l’implication claire des Gardiens de la Révolution”, l’armée d’élite de l’Iran, a affirmé le porte-parole de l’armée, Jonathan Conricus.

Des Palestiniens jettent des pierres vers l'armée israélienne le long de la barrière de sécurité séparant Israël de Gaza, le 26 octobre 2018

(credit photo AFP) Des Palestiniens jettent des pierres vers l’armée israélienne le long de la barrière de sécurité séparant Israël de Gaza, le 26 octobre 2018

Israël n’a pas de relations diplomatiques ni avec la Syrie ni avec l’Iran qu’elle considère comme son ennemi dans la région. Téhéran est un des plus proches alliés du régime de Bachar al-Assad dans la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011 et Israël ne cesse de dénoncer sa présence dans ce pays.

Au moins 39 roquettes tirées par le groupe radical palestinien Jihad islamique depuis la bande de Gaza sont tombées dans la nuit de vendredi à samedi en territoire israélien sans faire de morts ni de blessés, d’après l’armée israélienne. Dix-sept des ces engins ont été interceptés par le système israélien de défense aérienne Iron Dome, d’autres sont tombés dans des champs. Sept civils choqués ont dû être traités par des médecins, selon des sources médicales.

“Riposte pas limitée”

Le porte-parole de l’armée israélienne a souligné devant des journalistes que la riposte israélienne “ne sera pas limitée géographiquement”, quelques heures après que l’aviation a mené frappes contre “80 cibles du Hamas” à Gaza.

Le Hamas n’a pas revendiqué le lancement des roquettes, mais Israël tient le mouvement islamiste responsable de tous les tirs partant de l’enclave dans la mesure où c’est lui qui la gouverne.

La branche militaire du Jihad islamique, deuxième en importance des groupes armés présents dans la bande de Gaza, a salué samedi dans un communiqué les tirs de roquettes, qui sont selon lui une réponse aux “agressions israéliennes”.

Un Palestinien blessé le long de la frontière entre Gaza et Israël, le 26 octobre 2018

(credit photo AFP) Un Palestinien blessé le long de la frontière entre Gaza et Israël, le 26 octobre 2018

La “résistance considère une expansion du nombre et du type (de projectiles) si l’ennemi continue son agression contre notre peuple”, a ajouté le Jihad islamique.

Aucune victime n’a été rapportée à ce stade à Gaza à la suite des raids israéliens. Dans la ville de Gaza, un immeuble de quatre étages a été complètement détruit par une des frappes, ont constaté des correspondants de l’AFP. L’armée israélienne a affirmé qu’il s’agissait d’un important QG du Hamas.

En revanche, six Palestiniens ont trouvé la mort lors des manifestations qui ont lieu chaque vendredi depuis plusieurs mois le long de la barrière de sécurité séparant Israël de Gaza. Cinq ont été tués par des tirs de l’armée israélienne, selon le ministère de la Santé à Gaza. Un est mort dans l’explosion d’une grenade qu’il transportait.

Au moins 213 Palestiniens ont été tués depuis que ces manifestations ont commencé, selon un comptage effectué par l’AFP. Un soldat israélien a été tué par un sniper palestinien au cours de la même période.

Les manifestants réclament ce qu’ils appellent le “droit au retour” de réfugiés palestiniens et la levée du blocus qu’Israël impose à la bande de Gaza.

Pourparlers en cours

Le gouvernement israélien accuse le Hamas, considéré par une grande partie de la communauté internationale comme une organisation terroriste, d’orchestrer ces manifestations parfois violentes.

Israël et le Hamas se sont livré trois guerres depuis 2008.

L’Egypte, frontalière de la bande de Gaza, et l’ONU parrainent des négociations indirectes entre le Hamas et Israël pour tenter d’éviter que n’éclate un nouveau conflit ouvert.

Des palestiniennes brandissent leur drapeau lors d'affrontements suite à une manifestation à l'est de Gaza, près de la frontière israélienne, le 26 octobre 2018

(credit photo AFP) Des palestiniennes brandissent leur drapeau lors d’affrontements suite à une manifestation à l’est de Gaza, près de la frontière israélienne, le 26 octobre 2018

Le quotidien en langue arabe al-Hayat, publié à Londres, a affirmé vendredi qu’un accord avait été atteint, aux termes duquel les manifestations cesseraient en échange d’un allègement du blocus israélien.

Des responsables du Hamas ont démenti qu’un accord ait été conclu mais ont confirmé à l’AFP que des progrès avaient été réalisés.

Après ce nouvel accès de violence, un responsable du Hamas a déclaré que l’Egypte tentait de nouveau de négocier un retour au calme.

Publié le samedi 27 octobre 2018 à 11:10, modifications samedi 27 octobre 2018 à 11:11

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