Monde

Viol à Stanford : Une sentence qui divise les Etats-Unis

Un étudiant de l’Université de Stanford a été condamné à une peine de six mois de prison, dont trois mois fermes, pour le viol d’une étudiante. Le verdict jugé trop clément a choqué l’Amérique.

Tu m’as volé ma valeur, ma vie privée, mon énergie, mon temps, ma sécurité, mon intimité, ma confiance, ma propre voix, jusqu’à aujourd’hui.

Voici les mots de la jeune fille de 23 ans qui a été victime de viol et qui secoue les Etats-Unis.

L’histoire s’est déroulée le 18 janvier 2015 dans la prestigieuse Université de Stanford en Californie dans laquelle une jeune étudiante a été agressée sexuellement par un étudiant de 20 ans, nommé Brock Turner, un sportif de haut niveau et très populaire au sein de l’établissement.

Alors qu’elle se rendait à une soirée fraternelle sur le campus de l’université californienne, elle a été retrouvée quelques heures plus tard, inconsciente en train de se faire violer à l’arrière d’une benne à ordures. Des étudiantes suédoises qui ont été témoins de la scène ont empêché le violeur de s’enfuir en l’immobilisant au sol. La jeune femme s’est réveillée à l’hôpital trois heures après l’agression sans se souvenir de ce qu’elle venait de vivre.

Le rapport de police a indiqué que la victime avait un taux d’alcoolémie trois fois supérieur à la normale et son agresseur, deux fois supérieur. Le violeur a, en effet, avoué que la jeune fille était très saoule, mais il affirme que la relation sexuelle était consentie.

Pour ce viol dont il a été reconnu coupable, Brock Turner a été condamné, jeudi 2 juin, à seulement six mois de prison, dont trois mois fermes. Une condamnation bien moins importante que les 14 années qu’il risquait ou les deux années minimum préconisée par la loi californienne.

Le juge Aaron Persky a justifié sa décision par le casier judiciaire vide du violeur, son taux d’alcoolémie et les remords qu’il a exprimé :

Une peine de prison aurait un impact très dur sur lui. Je pense qu’il ne sera pas un danger pour les autres.

Sur les réseaux sociaux et dans la presse, ce jugement a créé la controverse et relancé le débat d’une justice et de médias américains « biaisés par une culture du viol ».

La victime qui n’a pas souhaité divulguer son identité a écrit une longue lettre qu’elle a lu pendant le procès et qu’elle a publiée sur le site Buzzfeed et qui a fait le tour d’Internet depuis.

Ainsi, si la jeune femme se définie comme “l’antilope blessée du troupeau, complètement seule et vulnérable”, elle est aujourd’hui au cœur d’une affaire médiatique de grande ampleur.

Cette histoire a ravivé l’épineux sujet des viols sur les campus américains, qui selon une étude, touche une femme sur six pendant leur première année d’université, l’alcool ou les drogues les empêchant souvent de se défendre.

Ensuite, cette « culture du viol » est particulièrement présente dans les milieux sportifs. Justement de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer la clémence du juge Aaron Persky qui n’est pas étranger au sport universitaire, puisqu’il a lui-même fréquenté l’Université de Stanford et dirigé son équipe de Lacrosse.

Une pétition a d’ailleurs été lancée pour le destituer de ses fonctions :

Le juge Persky n’a pas su voir que le fait que Brock Turner soit un homme blanc athlète dans une université prestigieuse ne lui donnait pas le droit à de la clémence. Il a également échoué à envoyer un message pour dire qu’une agression sexuelle reste hors la loi en dépit de la classe sociale, du genre ou d’autres facteurs.

Publié le mercredi 8 juin 2016 à 9:42, modifications mercredi 8 juin 2016 à 9:49

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !