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Syrie : Un temple millénaire réduit en gravats par les bombardements turcs

A Afrine en Syrie, un temple de Aïn Dara, l’un des édifices archéologiques les plus importants construits par les Araméens, a été détruit par des bombardements turcs.

STORY - Episode 1/7

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Une fois encore, la guerre n’épargne pas le patrimoine syrien que les civilisations de l’Antiquité ont laissé en héritage à la Syrie, mais aussi au reste du monde. En effet, les bombardements dans la région d’Afrine auxquels se livrent l’armée turque ont causé la destruction d’une partie des vestiges d’un temple néo-hittite qui date d’environ 3.000 ans.

Un acte barbare

Ainsi, le dimanche 28 janvier, le département des Antiquités syriennes a fait savoir que les vestiges du temple d’Aïn Dara avaient été grandement endommagées par des bombardements turcs. Par la voix de son directeur, Mahmoud Amoud, il a dénoncé :

Il s’agit d’un acte barbare qui fait suite au plan destiné à détruire le patrimoine culturel syrien

Le site archéologique, sur lequel se trouvent les ruines du temple néo-hittite d’Ain Dara, est situé à environ 70 kilomètres au nord-ouest d’Alep.

Le lieu est notamment réputé pour ses imposants lions de basalte. En outre, Aïn Dara est le seul vestige construit à l’époque araméenne (environ 1 300 — 700 avant Jésus-Christ) mis au jour en Syrie. L’identité de la divinité adorée dans l’édifice n’a jamais été véritablement établie, mais une des hypothèses évoque Ishtar, déesse de l’amour.

Les autorités kurdes et syriennes ont imputé la responsabilité des bombardements à la Turquie. En effet, le pays a lancé le 20 janvier une offensive contre cette région kurde du nord-ouest du pays située à sa frontière. L’armée turque vise à Afrine la puissante milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). Qualifiée de « terroriste » par Ankara.

Ainsi, aujourd’hui, les fresques sculptées dans la pierre en basalte noire, représentant d’imposants animaux ailés, ne sont plus que décombres. Seule la partie arrière du temple a été épargnée. Tout comme le lion en basalte qui se tient devant les collines verdoyantes d’Afrine.

Une nouvelle perte énorme

L’ampleur des destructions est de 60%.

A estimé le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Dans la Syrie, engagée depuis 2011 par un conflit meurtrier, les joyaux de l’Antiquité n’ont pas échappé aux ravages de la guerre. En effet en 2015 déjà, le groupe Etat islamique avait saccagé et pillé la cité Antique de Palmyre. Un site antique de plus de 2.000 ans, inscrit par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité. Les jihadistes ont notamment détruit à coups d’explosifs le temple de Bêl.

La destruction du temple de Aïn Dara, c’est le même niveau d’atrocité que le temple de Bêl.

A justement déploré l’ancien directeur général des Antiquités et Musées de Syrie, Maamoun Abdelkarim.

Trois mille ans de civilisation, détruits en une frappe aérienne.

S’est-il désolé.

Publié le jeudi 1 février 2018 à 10:08, modifications mercredi 14 mars 2018 à 17:29

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