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Syrie : dans “l’abattoir humain” de la prison de Saidnaya

Dans une prison militaire de la banlieue de Damas, 13 000 prisonniers ont été exécutés par pendaison entre 2011 et 2015. Ce crime de masses, révélé par Amnesty International dans un rapport publié ce matin, s’ajoute à la longue liste des atrocités commises par le régime de Bachar-Al-Assad en Syrie.

Les éléments révélés par Amnesty International ce mardi 7 février dans un rapport intitulé “L’abattoir humain” indiquent qu’entre 2011 et 2015, à la prison de Saidnaya en Syrie, pas moins de 13 000 détenus ont été pendus. Chaque semaine, ce sont des dizaines de prisonniers qui ont été exécutés dans les sous-sols de cette importante prison militaire située à 30km de Damas.

Une véritable politique d’extermination

Selon les précisions du Guardian, il aura fallu plus de douze mois d’enquêtes et les témoignages de 31 anciens détenus pour révéler cet horrible crime de masses. D’après le rapport, les prisonniers assassinés étaient des civils accusés d’être des « opposants politiques. » Amnesty International a aussi recueilli le témoignage de plusieurs gardiens et d’un ancien juge militaire. Celui-ci a ainsi livré des informations sur les macabres méthodes.

Ils les laissent [se balancer] là pendant 10 à 15 minutes. Certains ne meurent pas parce qu’ils sont légers. Surtout les jeunes, car leur poids ne suffit pas pour les tuer. Des assistants les détachent alors et leur brisent la nuque.

Amnesty International parle pour décrire cette prison d’un véritable abattoir humain. Un endroit où la torture, les viols et les exécutions rythment chaque journée. Les privations étaient telles que beaucoup mourraient de famine. Enfer absolu, les exécutions venaient alors clore des parodies de procès tenus par un tribunal militaire.

Le juge demande le nom du prisonnier et s’il a commis le crime concerné. Qu’il réponde oui ou non, il sera déclaré coupable… Ce tribunal n’a rien à voir avec l’état de droit. Ce n’est pas un tribunal.

Saidnaya, un nouveau crime contre l’humanité

L’auteure du rapport, Nicolette Waldman, déclare qu’aujourd’hui rien n’indique que les exécutions ont été stoppées. Elle pense au contraire qu’elles continuent encore et que des milliers de morts viendront sans doute s’ajouter.

Dans son précédent rapport en août 2016, Amnesty International estimait à 17 000 le nombre de détenus morts dans les geôles du régime de Bachar-Al-Assad depuis 2011. Un chiffre auquel il faut donc ajouter les crimes de la prison de Saidnaya. L’accusation portée par ce rapport s’ajoute à une liste longue jusqu’à l’écoeurement. Dans une guerre contre l’EI et des forces rebelles syriennes, le régime de Damas est en effet accusé d’avoir commis un nombre important des crimes de guerre et contre l’humanité. Des agissements qui seront au coeur des pourparlers de paix sur la Syrie qui doivent débuter le 8 février à Genève.

Publié le mardi 7 février 2017 à 12:49, modifications mardi 7 février 2017 à 12:49

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