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Salvador: Teodora Vasquez libérée après 11 ans de prison pour une fausse couche

La femme âgée de 34 ans avait été emprisonnée il y a 11 ans pour avoir fait une fausse couche.

C’est la fin d’une très longue attente. Teodora Vasquez, une habitante du Salvador âgée de 34 ans vient d’être libérée après avoir passé 11 ans en prison. Son crime ? Avoir fait une fausse couche dans un pays doté d’une des législations anti-avortement les plus répressives au monde.

Le bébé mort à presque neuf mois de grossesse

Pour elle, tout commence le 14 juillet 2007. Alors qu’elle approche des neufs mois de grossesse, elle fait une fausse couche. Mais, plus qu’une simple perte pour elle, son bébé mort-né est selon la justice de son pays la victime d’un homicide aggravé. En effet, au Salvador, ce petit pays d’Amérique Centrale, la législation est particulièrement répressive. L’avortement y est puni de deux à huit ans de prison selon le Code pénal, jusqu’à 50 ans de réclusion pour les juges. Une modification relativement récente puisque la Constitution a été amendée de cette façon en 1997 suite aux pressions de mouvement catholiques et de droite.

Teodora Vasquez avait initialement été condamnée à 30 ans de prison. Il y a quelques semaines encore, la la justice encore l’avait confirmée en maintenant que la jeune femme avait étranglé son bébé. Mais, la Cour Suprême du pays a fait marche arrière sous pression des associations qui œuvrent pour la dépénalisation de l’avortement. Dès sa sortie, ses premiers mots ont été pour sa famille.

Je sais que cela n’a pas été en vain. Je suis très contente de retrouver ma famille après 10 ans et 7 mois de séparation. Nous voilà à nouveau réunis.

Mobilisation française en faveur de Teodora Vasquez

La femme désormais âgée de 34 ans, ressort sans aucun doute changée de cette expérience. Pour elle désormais, l’objectif va être d’aider toutes celles qui sont dans la même situation. Au moins 27 femmes seraient emprisonnées pour la même raison au Salvador.

C’est l’un de mes rêves les plus chers, me battre pour celles qui sont encore en prison,  j’espère que nous arriverons très bientôt à leur rendre leur liberté.

Un soutien pour le moins inattendu était venu de France pour Teodora Vasquez après un reportage d’Hugo Clément pour Konbini il y a quelques semaines. Elle avait alors livré un témoignage particulièrement poignant révélateur des inégalités du pays. “Croyez-moi, j’aurais bien aimé vivre en France, je n’aurais jamais été emprisonnée. Parce que pour être honnête, celles qui sont incarcérées, ici au Salvador, pour ce délit, ce sont nous les pauvres. Quand les gens ont de l’argent, ils ne sont pas incarcérés pour de tels faits.” Le reportage avait ensuite donné naissance à une pétition qui a recueilli plusieurs milliers de signatures.

Publié le vendredi 16 février 2018 à 17:42, modifications vendredi 16 février 2018 à 17:12

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