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Le chef de l’Etat islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, déclaré mort, réapparaît dans une vidéo et appelle à poursuivre « le djihad »

Abou Bakr al-Baghdadi est sorti du silence dans un nouvel enregistrement. Il a appelé ses partisans à poursuivre « le djihad ».

Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’État islamique, a rompu mercredi 22 août son silence de près d’un an. Dans un enregistrement de 54 minutes diffusé sur Telegram par des comptes pro-EI, il appelle les combattants de l’organisation terroriste à poursuivre le djihad.

Ce message a été diffusé à l’occasion de l’Aïd al-Adha. Il s’agit de la fête musulmane qui marque la fin du grand pèlerinage à La Mecque. Toutefois, cette vidéo a été diffusée alors que l’Etat islamique est acculé en Syrie. Par ailleurs, il a été chassé de tous les centres urbains d’Irak après avoir contrôlé de vastes territoires dans ces deux pays.

Premier enregistrement présumé depuis septembre 2017

Ainsi, c’est la première fois que le leader de l’EI s’exprime depuis une vidéo datée du 28 septembre 2017. Dans son discours, qui dure environ 54 minutes, il appelle ses soldats à « frapper pour terroriser ». Exhortant ses partisans en Occident à mener des attaques à l’explosif ou à l’arme blanche « sur leurs terres ».

Ceux qui oublient leur religion, la patience, le djihad contre leurs ennemis et leur certitude dans la promesse du Créateur s’effondrent. Et tombent. Ceux qui s’y tiennent sont fiers et victorieux même après un certain temps.

Y affirme celui qui est présenté comme Abou Bakr al-Baghdadi.

Si Abou Bakr al-Baghdadi a commencé par féliciter ses troupes pour la fête de l’Aïd el-Kébir, il n’a pas manqué de remobiliser les troupes. Et ce, à renfort d’arguments religieux. Il est par la suite revenu sur des éléments d’actualité. Ce qui a permis aux experts de dater cet enregistrement.

Elle daterait d’une semaine maximum.

A expliqué Wassim Nasr, spécialiste des mouvements jihadistes.

Ensuite, le chef de Daech évoque la crise diplomatique entre la Turquie et les États-Unis liée à l’arrestation du pasteur américain Andrew Brunson. Et à l’arrivée des chiites au pouvoir en Irak. Pour rappel, en mai dernier, les législatives irakiennes se sont soldées par la victoire de la liste de l’imam chiite anticorruption et nationaliste, Moqtada al-Sadr. Pour diriger le pays, il a annoncé en juin une alliance avec Hadi al-Ameri. Il s’agit de l’ancien ministre des Transports, proche de l’Iran. Mais surtout du leader d’un groupe armé antijihadiste, arrivé deuxième du scrutin. Ainsi, selon Abou Bakr al-Baghdadi, les sunnites d’Irak sont abandonnés. Ils doivent donc se repentir en soutenant l’organisation terroriste.

Se sacrifier pour le bien des pays musulmans

Enfin, Abou Bakr al-Baghdadi estime qu’il est nécessaire qu’une minorité des musulmans se sacrifie pour le bien des pays musulmans. Par ailleurs, il appelle tous les habitants de la péninsule arabique à se réveiller contre les « mécréants Saoud », la famille royale d’Arabie saoudite.

Ainsi, Abou Bakr al-Baghdadi, donné mort à plusieurs reprises, serait encore vivant. D’après des sources irakiennes citées par RFI, il se trouverait en territoire syrien, le long de la frontière avec l’Irak. En outre, au début du mois de juillet, les services de renseignements irakiens avaient annoncé que le fils du chef du groupe ultra radical, Houdhayfah al-Badri, avait été tué en Syrie par trois missiles téléguidés russes ayant visé une grotte où il se trouvait. Les États-Unis ont, pour leur part, offert une récompense de 25 millions de dollars pour la capture du chef du groupe terroriste.

Publié le jeudi 23 août 2018 à 16:11, modifications jeudi 23 août 2018 à 12:50

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