Monde

Iran : Traque sur Instagram des mannequins non voilées

Le monde de la mode est dans le collimateur des autorités iraniennes.

Dimanche 15 mai, à l’issue d’une réunion, le chef du tribunal chargé de la cybercriminalité, Abbas Jafari Dolatabadi s’est exprimé sur la télévision d’Etat et a annoncé l’arrestation de personnes de la mode et de la beauté :

Pendant ces deux dernières années, 50 salons de beauté, 50 agences de mannequinat et 50 ateliers de photographie ont été surveillés, des bonnes arrestations ont été effectuées et beaucoup de pages (sur Instagram et Facebook) ont été fermées

Pendant ce conseil, une ancienne mannequin iranienne a dû expliquer au procureur ses motivations pour se lancer dans ce métier.

Cette jeune modèle est très connue des internautes iraniens et s’appelle Elham Arab. Sa page Instagram est suivie par des dizaines de milliers d’abonnés et ses photos la montrent en tenues légères et sans voile, élément obligatoire en Iran.

En effet, en République islamique d’Iran, les femmes sont contraintes de se couvrir l’ensemble du corps à l’exception toutefois du visage et des mains.

Ainsi, quelques heures après le communiqué du procureur de Téhéran, le Centre des crimes organisés (qui appartient aux Gardiens de la révolution) a publié un nouveau communiqué dans lequel il annonçait l’identification de 170 mannequins et personnes en charge des pages « immorales » dans le cadre d’une opération intitulée « Araignée 2 ».

Des poursuites judiciaires ont ensuite été engagées contre 29 personnes et huit personnes ont été arrêtées.

L’opération « Araignée 2 » a été lancée en 2014 à la suite

des milliers de lettres et d’emails venant de tout le pays contre les aspects négatifs de l’espace virtuel, notamment Instagram

a précisé le communiqué du Centre des Crimes organisés.

le réseau identifié cherchait à propager le mannequinat et à normaliser la débauche. A promouvoir des habits qui sont contre les coutumes de la société iranienne et à attirer les jeunes filles et garçons en leur proposant des revenus considérables.

L’autre accusé du Centre des crimes organisés est Instagram, l’un des seuls réseaux sociaux encore disponibles en Iran, à l’inverse de Twitter ou Facebook.

Les gérants d’Instagram veulent changer le mode de vie islamique-iranien en Iran

a attaqué le communiqué.

Revendiquant l’ouverture de la République islamique d’Iran à l’étranger, ainsi qu’une certaine « souplesse » au sein même du pays, le président iranien, Hassan Rohani, s’était à plusieurs reprises exaspéré de ce type d’arrestation.

Cependant, comme la justice, les services de sécurité sont toujours aux prises du noyau conservateur du pouvoir, incarné par le Guide suprême, l’ayatollah Khamenei, qui est le véritable chef de l’Etat iranien.

Publié le mardi 17 mai 2016 à 10:37, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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