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Gabon : dans un pays en pleine austérité, le vice-président s’offre un million d’euros en voitures de luxe

Ses compatriotes, qu’il exhorte à serrer la ceinture peinent à survivre dans un climat d’austérité. Mais au risque de se contrédire, Maganga Moussavou, vice-président gabonais, n’a aucun scrupule à s’offir trois voitures de luxe en France.

654 millions de francs CFA (monnaie du Gabon), soit un million d’euros. C’est la bagatelle qu’a déboursée Pierre-Claver Maganga Moussavou. Le vice-président de la République Gabonaise s’est ainsi offert trois voitures de luxe.

Une Bentley, une Mercedes-Benz et peut-être bientôt, une Porsche Cayenne. Et ce, en dépit de la crise économique et financière que traverse le Gabon. Une période dont la sévérité a poussé le gouvernement à induire des mesures visant à la réduction des dépenses publiques.

Mais aussi, à baisser le train de vie des représentants de l’État. Ni les aménagements en cours, ni sa conscience ne semblent toutefois avoir d’impact sur le pouvoir d’achat du vice-président. Et encore moins sur les habitudes de consommation de ce politicien désormais proche d’Ali Bongo.

Une somme qui aurait pu servir au Gabon

Vendredi dernier, matindafrique.com rapportait l’information, facture d’un des concessionnaires à l’appui.  Le rédacteur phare de ce nouveau site d’informations, Jonas Moulenda, pourchassé au Gabon, est aujourd’hui exilé en France. Il détaille les transactions de l’homme d’État.

Tout d’abord, une Bentley Continental GT S8. D’un montant de 104 millions de francs CFA. Ensuite, une Mercedes-Benz à 50 millions de francs CFA. Ces deux premières acquisitions sont déjà aux mains de l’acheteur.

Enfin, la Porsche Cayenne, estimée à 500 millions de francs CFA, fait l’objet d’une commande en attente. Mais une partie de la somme aurait déjà été versée.

La réponse du vice-président du Gabon

Comble de l’ironie, Maganga Moussavou était de ceux qui, dans leurs allocutions, invitaient le peuple du Gabon à participer à l’effort d’austérité nationale. Le 11 juillet dernier, il souscrivait de plein gré aux reformes proposées par son chef d’État.

De plus, alors que certaines voix appelaient à la suppression du poste de vice-président pour faire plus d’économies, Maganga Moussavou s’y opposa. Selon lui, cette fonction coûtait peu, en frais, à l’appareil gouvernemental.

Mais la polémique enfle au Gabon. Pierre-Claver Maganga Moussavou indique désormais n’avoir à aucun moment, usé de l’argent du contribuable. Puis, il se fend d’un complément de réponse pour le moins surprenant.

À 66 ans, j’espérais pouvoir m’offrir une Bentley sans que cela ne fasse autant de remous.

Disait-il hier, contacté par JeuneAfrique.

Des “remous” qui lui restent en travers de la gorge, puisqu’il compte désormais porter plainte contre le concessionnaire qui a donné accès à sa facture au journaliste.

Publié le mardi 31 juillet 2018 à 14:08, modifications mardi 31 juillet 2018 à 9:58

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