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Election présidentielle américaine : Les déclarations chocs du premier débat Clinton-Trump

A un mois et demi de l’élection présidentielle américaine, le premier débat entre Hillary Clinton et Donald Trump a donné lieu à quelques échanges musclés entre les deux candidats.

Le républicain Donald Trump et la démocrate Hillary Clinton, tous deux prétendants à l’élection présidentielle américaine, se sont affrontés lundi 26 septembre lors d’un premier débat télévisé.

Durant ce débat, animé par le journaliste de NBC News, Lester Holt qui a duré plus de 90 minutes, les deux candidats, réunis pour l’occasion à l’université de Hofstra, à Hempstead sur l’île de Long Island (dans l’État de New York), ont échangé sur l’économie, la politique étrangère ou encore les tensions raciales aux États-Unis.

Alors que la candidate démocrate appelait son rival « Donald », le candidat républicain se fendait d’un « secrétaire Clinton ».

Le débat a débuté par le thème de l’économie et de la sensible question des emplois. La candidate démocrate a réaffirmé son programme économique qui propose d’aider les petites entreprises. Donald Trump, lui, a expliqué son projet qui prévoit d’alléger la fiscalité pour tout le monde.

C’est un plan à la Trump. Nous avons une approche différente sur ce qui préférable pour nourrir l’investissement et faire croître les emplois. M. Trump a eu beaucoup de chance dans la vie. Il a monté son entreprise avec 14 millions de dollars qu’il a emprunté à son père et il croit qu’en aidant les plus riches il aide le pays. Moi je ne crois pas que ce soit le cas.

A assené Hillary Clinton.

Trump a répondu en fustigeant la politique économique menée depuis des années :

Moi je vais réduire les impôts, vous allez les augmenter n’est-ce pas ?

La candidate démocrate a comme prévu mis en avant son expérience et sa connaissance des dossiers pour énoncer ses différentes propositions. Face aux coups portés par son adversaire, elle est restée détendue et souriante, visiblement très bien préparée :

Je pense que Donald vient de me critiquer parce que j’ai préparé ce débat. Oui, je l’ai préparé. Et vous savez pour quoi d’autre je me suis préparée ? Je me suis préparée à devenir présidente. Et c’est une bonne chose.

De son côté, Donald Trump, s’il n’a pas l’expérience des débats en face-à-face, est resté très à l’aise, habitué des plateaux télévisés. Il est d’abord apparu calme et mesuré. Mais il s’est peu à peu irrité des attaques répétées de sa rivale, sans toutefois perdre son sang froid.

Interrompant régulièrement Hillary Clinton, le ton est monté lorsqu’il a été question de la déclaration d’impôts de Donald Trump. Le milliardaire refuse toujours de publier sa déclaration de revenus. Or, il s’agit d’une tradition de transparence respectée par tous les candidats à la présidentielle. Cependant, Donald Trump persiste à justifier son refus par le contrôle fiscal quasi-permanent dont il est l’objet.

Je crois que Trump a quelque chose à cacher. Si Donald Trump ne veut pas publier sa déclaration de revenus, c’est peut-être qu’il n’est pas aussi riche ou généreux qu’il le dit.

A ironisé Hillary Clinton.

Je vais montrer ma déclaration de revenus, contre l’avis de mes avocats, dès qu’elle rendra publics les 33 000 emails qu’elle a effacés. C’était plus qu’une erreur. Ce pays pense que c’est une honte.

A rétorqué le magnat de l’immobilier en faisait référence au fait que sa rivale avait utilisé sa messagerie électronique personnelle non sécurisée lorsqu’elle dirigeait la diplomatie américaine.

Ensuite, Donald Trump a accusé Hillary Clinton d’avoir provoqué le chaos au Moyen-Orient :

Tous les problèmes, elle aurait pu les régler il y a dix ans. Elle n’a pas l’endurance, ni le charisme pour être présidente. Il faut être capable de négocier avec le Japon, l’Arabie Saoudite. Je ne crois pas qu’Hillary en soit capable.

Ce à quoi Hillary Clinton a répondu :

Quand il aura voyagé dans 112 pays et négocié un accord de paix, un cessez-le-feu, la libération de dissidents […] ou qu’il aura témoigné pendant 11 heures devant une commission du Congrès, il pourra me parler d’énergie.

Concernant la question du terrorisme :

Donald Trump :

Vous parlez de l’EI, mais vous étiez là et vous étiez secrétaire d’Etat alors que le groupe n’en était qu’à ses balbutiements. Maintenant il est présent dans plus de 30 pays, et vous allez les arrêter ? Je ne le pense pas.

Hillary Clinton :

Au moins j’ai un plan pour combattre l’EI.

Donald Trump :

Non, non, vous dites à l’ennemi tout ce que vous voulez faire.

Hillary Clinton :

Non, ça n’est pas vrai

Donald Trump :

Vous dites à l’ennemi tout ce que vous voulez faire. Pas étonnant que vous ayez combattu l’EI pendant toute votre vie d’adulte.

Hillary Clinton :

Donald ne veut pas révéler son plan secret pour lutter contre l’EI. Le seul secret, c’est qu’il n’a pas de plan.

A la suite du débat, d’un côté Donald Trump s’est posé en défenseur de l’État de droit en dénonçant les fusillades à Chicago :

Il y a eu 4.000 fusillades à Chicago depuis qu’Obama est président. Nous devons rétablir l’Etat de droit. Nous devons protéger nos villes. Il faut avoir une politique de fouille au corps. On a besoin de maintien de l’ordre dans notre pays. (…) Vous marchez dans la rue, on vous tire dessus. (…) On a des gangs dans les rues, et dans beaucoup de cas ce sont des immigrés illégaux. Et ils ont des armes, ils tirent sur des gens. Nous devons être très forts, nous devons être vigilants. (…) À l’heure actuelle notre police, dans bien des cas, a peur de faire quoi que ce soit. On doit protéger nos centres-villes parce que les communautés noires sont décimées par le crime.

De l’autre Hillary Clinton a souhaité au contraire résoudre le « racisme systémique » :

C’est anti-constitutionnel. Trop d’Afro-américains se sont retrouvés derrière les barreaux. Il nous faut résoudre le racisme systémique.

En marge de l’émission, Donald Trump s’est félicité d’avoir « facilement » remporté la joute verbale qui l’a opposé à Hillary Clinton, même si les sondages montraient l’inverse.

Le prochain débat présidentiel se tiendra le 9 octobre (suivi d’un troisième le 19 octobre) à l’université de Saint-Louis, dans le Missouri. La moitié des questions sera posée par le public.

Publié le mardi 27 septembre 2016 à 10:20, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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