Monde

Crise politique en Allemagne : Angela Merkel prête à se représenter

L’Allemagne, qui entre dans une période d’instabilité politique majeure, semble se dirige vers des élections législatives anticipées. Angela Merkel bien que fragilisée, compte se représenter.

C’est un séisme politique qui secoue l’Allemagne après le camouflet retentissant subi par Angela Merkel pour former un gouvernement. Une incertitude outre-Rhin qui inquiète le reste de l’Europe. A Bruxelles, les nouvelles venues de Berlin font l’effet d’une douche glacée.

Que se passe-t-il en Allemagne ?

Ainsi, dans la nuit du dimanche 19 au lundi 20 novembre, après des semaines de tergiversations et de négociations, les conservateurs du parti d’Angela Merkel (CDU-CSU), les libéraux (FDP) et les écologistes n’ont pas réussi à former de coalition gouvernementale. Le FDP a jeté l’éponge, jugeant « les positions communes et de confiance mutuelle insuffisantes ». Le pays n’a donc pas de majorité pour être gouverné.

Or, tout a commencé le soir des élections législatives du 24 septembre dernier. En effet, si la CDU/CSU est sortie victorieuse, il s’agit d’un résultat en demi-teinte. Avec 33% des voix, les conservateurs obtiennent un score historiquement bas. Ainsi, faute de majorité, la chancelière inamovible doit chercher un ou plusieurs nouveaux partenaires pour former le prochain gouvernement. Une équipe qui devra se constituer sans les sociaux-démocrates (SPD). Car, emmené par l’ex-président du Parlement européen, Martin Schulz, le SPD n’a récolté que 20,5% des voix. Jamais dans son histoire d’après-guerre, le parti n’était descendu aussi bas.

Toujours pas de majorité

Après cette défaite historique, le parti a donc annoncé ne plus vouloir former de coalition avec les conservateurs dans le futur gouvernement d’Angela Merkel. Par conséquent, la CDU a donc dû se tourner vers les libéraux du FDP, qui ont enregistré un peu plus de 10%. Toutefois, c’est insuffisant pour constituer une majorité. La seule solution a été d’élargir la coalition aux écologistes. Une première au niveau national. Mais restait également à Angela Merkel de réussir à convaincre les libéraux et les Verts, deux partis que beaucoup de sujets opposent, de coopérer.

Ainsi, deux mois après les législatives du 24 septembre, le pays n’a donc pas de majorité pour être gouverné. Un scénario qui ne s’était pas produit depuis la fondation de la République fédérale d’Allemagne, en 1949. Or, faute d’alternative, la première puissance économique européenne se prépare à des semaines ou mois de paralysie, sur le plan national comme en Europe.

Quels choix pour Angela Merkel ?

En l’état actuel des choses, des élections législatives anticipées semblaient la solution la plus probable. Angela Merkel ayant exclu un gouvernement minoritaire. Dans ce cas, les Allemands seraient appelés à retourner aux urnes début 2018, alors qu’ils viennent d’élire leurs députés fin septembre. Toutefois, le président Frank-Walter Steinmeier, qui joue un rôle institutionnel clé pour mettre en œuvre une dissolution, a laissé entendre dimanche qu’il prendrait son temps. Ce scénario n’ayant pas ses faveurs. Ainsi, le président allemand a exhorté, lundi 20 novembre, la classe politique à retourner à la table des négociations pour arriver à former un gouvernement.

Dans une allocution télévisée, il a repoussé dans l’immédiat des législatives anticipées au nom de la stabilité de l’Allemagne et de l’Europe.

J’attends de tous les partis qu’ils soient disponibles. Pour le dialogue afin de rendre possible dans un délai raisonnable, la formation d’un gouvernement.

Par ailleurs, Franck-Walter Steinmeier a assuré qu’il s’entretiendrait dans les prochains jours avec les représentants des différents partis politiques.

Quant à Angela Merkel, elle a annoncé lundi à la télévision publique qu’elle était prête à être de nouveau candidate en cas d’élections législatives anticipées. « Une voie préférable » à la mise sur pied éventuelle d’un gouvernement minoritaire.

Ainsi, deux principaux scenarios s’offrent maintenant à l’Allemagne.

  • Soit la constitution d’un gouvernement minoritaire à deux partis, entre les conservateurs et les écologistes ou entre conservateurs et libéraux.
  • Soit la convocation de nouvelles législatives en 2018.

A moins, que le SPD ne décide de revenir dans la course et change la donne.

Publié le mardi 21 novembre 2017 à 11:31, modifications mardi 21 novembre 2017 à 11:32

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !