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Brésil : Nouveau coup dur pour Dilma Rousseff

A quelques jours de sa probable destitution, Dilma Rousseff fait l’objet d’une nouvelle enquête pour entrave à la justice.

La plus haute juridiction du Brésil a autorisé mardi 16 août le parquet à enquêter pour déterminer si la présidente suspendue a cherché à faire obstacle aux investigations contre son mentor et prédécesseur, l’ex-président Luiz Inacio Lulu da Silva.

Cette enquête intervient dans le cadre du scandale de corruption Petrobras.

Cette décision a été annoncé par les quatre principaux journaux du pays et relayé par l’AFP.

L’ouverture d’une enquête est importante pour élucider les faits et montrer qu’il n’y a pas eu, à un seul moment, obstruction à la justice.

A déclaré à l’AFP un porte-parole de Dilma Rousseff.

Selon les quotidiens brésiliens (O Globo, Folha de São Paolo, O Estado de São Paulo et Valor), l’ex-président Lula est également visé ainsi que plusieurs anciens ministres de Dilma Rousseff.

L’ouverture de cette nouvelle enquête judiciaire vient plomber un peu plus l’avenir déjà très sombre de Dilma Rousseff.

En effet, suspendue depuis le 12 mai, la présidente, réélue pour un second mandat en 2014, est accusée d’avoir maquillé les comptes publics. Elle est également visée par une enquête pour avoir signé des décrets engageant des dépenses non prévues au budget et sans en avoir référé au Parlement.

En attendant, la présidente brésilienne a appelé le Sénat à mettre un terme à la procédure de destitution en reconnaissant son innocence.

Il faut que le Sénat mette fin à la procédure de destitution, en reconnaissant, face aux preuves irréfutables, qu’il n’y a pas eu crime de responsabilité, que je suis innocente.

A-t-elle écrit dans sa lettre ouverte au peuple brésilien et qu’elle a lue devant la presse au palais de l’Alvorada à Brasilia.

Je suis convaincue de la nécessité, et j’y apporterai mon soutien total, de la convocation d’un référendum afin de consulter la population sur l’organisation anticipée d’élections.

A-t-elle ajouté.

La femme politique de 68 ans a dénoncé depuis le début un coup d’Etat institutionnel fomenté par son vice-président, Michel Temer. Ce dernier, ancien allié devenu son principal rival, assume les fonctions de président depuis la suspension de Dilma Rousseff par les sénateurs.

Pour de nombreux analystes, il y a peu de probabilités qu’elle échappe à la destitution. Ils appuient leurs propos sur le fait que la majorité parlementaire a complètement basculé à droite. De plus, depuis sa réélection de 2014, la présidente brésilienne a été confrontée à l’hostilité d’un Parlement ultra conservateur. Elle a également dû faire face à la pire récession économique qu’ait connu le Brésil depuis des décennies.

Mais c’est surtout le gigantesque scandale de corruption qui entoure le groupe pétrolier public Petrobras qui a non seulement rudement ébranlé son parti politique, mais également l’ensemble de la classe politique brésilienne.

Le verdict sera connu à partir du 25 août prochain quand s’ouvrira, au Sénat, le procès en destitution de Dilma Rousseff.

Publié le jeudi 18 août 2016 à 13:21, modifications jeudi 18 août 2016 à 13:32

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