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Mohammed Ben Salmane : Le prince héritier d’Arabie saoudite visé par une plainte en France

Une organisation humanitaire yéménite a déposé à Paris une plainte contre Mohammed Ben Salmane pour complicité de torture et de traitements inhumains au Yémen.

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane Al-Saoud, en visite officielle en France depuis dimanche 8 avril, fait l’objet d’une plainte. Celle-ci a été déposée mardi 10 avril par une association yéménite, Legal Center for Rights and Development. Il s’agit d’une ONG de défense des droits de l’homme.

La requête a été confiée auprès de magistrats du pôle spécialisé sur les crimes de guerre du tribunal de grande instance de Paris. Cette information diffusée par franceinfo a été confirmée à Reuters par les avocats français de l’ONG.

Complicité de torture

Ainsi, l’association accuse le prince héritier, qui est également le ministre de la Défense du royaume wahhabite, d’avoir « sciemment attaqué des cibles civiles » au Yémen. Dans cette plainte, l’ONG déplore « la mort de nombreux civils notamment par le bombardement de résidences, de marchés, d’hôpitaux, de commerces et d’écoles » lors de frappes aériennes effectuées par la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite. Des attaques qui visent le Yémen depuis mars 2015. Or, cette guerre a fait près de 10.000 morts depuis le début des combats.

En outre, la plainte s’appuie aussi sur une enquête de l’agence de presse américaine Associated Press. Elle a notamment révélé l’existence au Yémen d’au moins 18 sites de détention. Ils sont gérés par les Emirats arabes unis, alliés de l’Arabie saoudite ou par des forces yéménites entraînées par les Emirats. Ces documents évoquent également des détentions arbitraires et des cas de tortures. L’ONG dénoncent le fait que des millions de personnes soient privées d’accès aux biens de première nécessité par des attaques aériennes « indiscriminées ». Ainsi qu’un blocus maritime.

L’avocat pénaliste français Joseph Breham qui représente l’association yéménite a fait valoir que la France avait ratifié la convention contre la torture. Cette dernière lui donne « le droit, et même le devoir, d’enquêter sur toute personne soupçonnée de ce type de crimes ». Même si elle est étrangère. Et ce à partir, du moment où « elle pose le pied sur le sol français ». Cette accusation intervient sur fond de campagne d’organisations non gouvernementales contre la vente par la France à Ryad d’armes. Elles sont susceptibles d’être impliquées dans des violations des droits de l’homme notamment au Yémen.

Néanmoins, cette plainte a peu de chances d’aboutir car Mohammed Ben Salmane bénéficie d’une immunité diplomatique. Celle-ci lui permet notamment d’échapper à des poursuites judiciaires à l’étranger.

Publié le mercredi 11 avril 2018 à 9:54, modifications mercredi 11 avril 2018 à 10:20

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