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Ministère des sports: Maracineanu tente d’éteindre l’incendie sur les suppressions de postes

Pour sa première sortie publique dimanche, la nouvelle ministre des Sports Roxana Maracineanu a tenté d’éteindre l’incendie provoqué par la publication, qu’elle a jugée “très brutale”, de la lettre de cadrage de Matignon fixant un objectif de 1.600 suppressions de postes dans son ministère.

“Je pense que cette annonce” vendredi “est vraiment très brutale et ce ne sont pas les bons mots qui ont été employés”, a déclaré la ministre, au pied du pont d’Iena, en marge de la course “La Parisienne” qu’elle était venue soutenir pour montrer son attachement au développement du sport féminin.

“Je suis en train de chercher des solutions”, a ajouté l’ancienne championne de natation, qui, à son cinquième jour à la tête du ministère, a concédé que le problème lui était “tombé un peu dessus”: “et je crois que c’est tombé dessus un peu pour tout le monde”.

Vendredi, l’AFP a révélé que dans une lettre de cadrage envoyée le 26 juillet à sa prédécesseur Laura Flessel, Matignon demande au ministère d'”appliquer un schéma d’emplois de moins 1.600 ETP (équivalent temps plein) au cours de la période 2018-2022″.

Dans le courrier, Matignon compte “sur une transformation du mode de gestion des conseillers techniques sportifs (CTS) et sur la réduction de leur nombre, ainsi que sur une rationalisation des services déconcentrés”.

“Sortir par le haut”

De quoi mettre le feu aux poudres dans un mouvement sportif qui s’inquiète déjà de voir l’Etat se désengager, avec un budget du ministère qui s’annonce à la baisse pour la seconde année consécutive. Et ce d’autant que les CTS, rémunérés par l’Etat et au nombre de 1.600 justement, sont essentiels au fonctionnement des fédérations sportives, à la fois pour le haut niveau et pour le développement des pratiques. Il s’agit des directeurs techniques nationaux, entraîneurs nationaux et conseillers techniques nationaux ou régionaux.

La réduction des effectifs, “c’est un objectif qui vient d’en haut, sans forcément connaître les spécificités vraiment précises du sport, et c’est à moi de les expliquer maintenant”, a assuré Roxana Maracineanu. Mais elle a immédiatement rappelé qu’elle faisait partie “d’un gouvernement” dont elle devait suivre “les directives”, en évoquant “les problèmes de réduction de budget” du pays.

“Je pense que cet objectif n’a pas été clairement exprimé, (…) c’était uniquement un document de travail interne”, a insisté la nouvelle ministre, tout en concédant: “Je ne mesure pas le (caractère) définitif de ce document”.

L’ancienne championne du monde de natation (1998) a indiqué qu’elle avait un rendez-vous avec le Premier ministre Edouard Philippe lundi pour “essayer de plaider notre cause et nous en sortir par le haut le mieux possible”.

Elle doit aussi rencontrer le patron de l’association des directeurs techniques nationaux (DTN), Philippe Bana, qui a dénoncé une “volonté de destruction humaine massive”, “stupéfiante et atterrante”: “Je vais lui faire part des quelques réflexions qu’on a pour justement que ce mot suppression n’existe plus, que ce ne soit pas ça, qu’on veuille faire, mais autre chose”, a expliqué Roxana Maracineanu.

“Réinvention des CTS”

Mais elle a indiqué qu’il fallait “commencer à réfléchir à une réinvention de ce que peut être le corps des CTS et de ces personnes de grande valeur, qui sont mises à disposition des fédérations aujourd’hui et qui effectivement vont devoir changer d’orientation, ça c’est certain”.

Les CTS font l’objet d’un débat récurrent sur leur statut: payés par l’Etat, ils travaillent directement pour les fédérations. “Il ne s’agit pas de remettre en cause l’action des CTS mais de les intégrer davantage à la vie des fédérations”, avait d’ailleurs précisé Matignon vendredi.

La crise intervient à quelques jours du premier anniversaire, le 13 septembre, de l’attribution des Jeux olympiques à Paris en 2024. Elle survient aussi en plein chantier sur une réforme du modèle sportif français, qui doit aboutir l’année prochaine à la création d’une agence nationale du sport.

Cette agence, chargée de piloter le haut niveau et le développement des pratiques sportives, serait gouvernée de manière tripartite entre l’Etat, le mouvement sportif et les collectivités territoriales.

Publié le dimanche 9 septembre 2018 à 13:40, modifications dimanche 9 septembre 2018 à 13:40

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