Justice

Procès d’Abdelkader Merah : Une première journée tendue

Le procès d’Abdelkader Merah et de Fettah Malki, complices présumés du « tueur au scooter » s’est ouvert lundi à Paris. Cinq ans après les attaques de Toulouse et de Montauban. 

Du 11 au 19 mars 2012, en trois expéditions, Mohammed Merah a assassiné sept personnes à Toulouse et Montauban. Au nom du djihad, il avait tué trois militaires, un enseignant et trois enfants de l’école juive Ozar Hatorah à Toulouse. Il avait finalement été abattu par les homes du Raid au terme d’une tentative d’interpellation qui aura duré 32 heures.

Ainsi, le procès issu de cette tuerie s’est ouvert ce lundi 2 octobre devant la Cour d’assises spéciale de Paris. Il s’agit du premier grand rendez-vous judiciaire de la série d’attaques terroristes qui ont frappé la France depuis 2012. Seuls comparaîtront le frère du tueur, Abdelkader Merah, et un délinquant notoire de la cité des Izards, Fettah Malki.

Les faits sur lesquels nous allons nous prononcer sont terribles.

A d’emblée résumé le président Franck Zientara en début d’audience.

Dans une atmosphère déjà tendue entre défense et parties civiles, il a rappelé que les accusés étaient « présumés innocents ».

Jugés pour complicité

Fettah Malki a reconnu avoir fourni des armes à Mohammed Merah, notamment un pistolet et un gilet pare-balle. Néanmoins, il a toujours nié être au courant de ce que projetait le tueur. Il est accusé « d’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme, port et transport d’armes et éléments d’armes, cession et détention d’armes ». Ces faits sont passibles de 20 ans de prison.

Quant aux charges pesant sur Abdelkader Merah, elles sont plus lourdes encore. L’enjeu principal du procès sera de déterminer son rôle exact dans les tueries exécutées en solo par son frère. En effet, les juges d’instruction l’ont notamment renvoyé pour « complicité d’homicides volontaires et de tentatives d’homicides en relation avec une entreprise terroriste ». Plus clairement, les magistrats accusent le frère du tueur d’avoir été l’un des principaux inspirateurs des tueries perpétrés par Mohammed Merah. En détention depuis mars 2012, l’homme de 35 ans risque la réclusion à perpétuité

Entre colère et émotion

Encadrés par quatre gendarmes, les deux accusés ont fait leur entrée dans une ambiance lourde et solennelle. C’est la première fois que les familles des victimes se sont retrouvés face au frère du tueur. La matinée ayant été consacrée au planning et à l’appel des témoins, il n’y a eu peu de temps de parole accordé aux accusés. Pourtant, selon les personnes présentes et citées par Le Figaro, la tension était palpable.

Latifa Ibn Ziaten, la mère d’un des militaires abattus par Mohammed Merah, était au bord des larmes en entrant dans la salle.

Quant à la mère des frères Merah, elle a provoqué des murmures hostiles sur les bancs des parties civiles en adressant un baiser à son fils. Zoulikha Aziri continue de scander l’innocence de son fils :

Samuel Sandler, dont le fils et les deux petits fils ont été tués devant l’école juive de Toulouse, n’a pu réprimer sa colère.

Tas de merde !

A-t-il lâché à plusieurs reprises.

Ce père et grand-père anéanti par le chagrin avait déjà exprimé ses attentes sur France Culture :

Enfin, pour ce qui est des témoins, la cour doit essuyer des premiers revers. En effet, certains ont manifesté leur peur de venir. Ils ont fourni des certificats médicaux. D’autres n’ont simplement pas répondu aux convocations. Soucieux de protéger leur anonymat, tous les policiers témoigneront sous X, via visioconférence. Ce mardi 3 octobre, le tribunal se penchera sur le parcours d’Abdelkader Merah. Les débats doivent durer cinq semaines.

Publié le mardi 3 octobre 2017 à 14:55, modifications mardi 3 octobre 2017 à 15:14

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