Justice

Une Perpignanaise vivait depuis 12 ans sans eau courante

Tout avait commencé par un impayé de 200 €. La SAUR, l’entreprise d’eau a été condamnée à lui rétablir l’accès à l’eau.

Inimaginable. L’enfer vécu par une famille catalane privée d’eau courante depuis 12 ans. Tout ça pour un impayé s’élevant à 200 € à la SAUR, la compagnie qui distribue l’eau. Celle-ci est désormais obligée de lui rétablir l’accès.

En mode débrouille

Le cauchemar commence en 2005. Cette habitante de Perpignan et son fils ont des factures impayées pour un montant s’élevant à 200€. La SAUR décide de couper l’accès à l’eau du logement. Si c’est  impossible depuis 2013 grâce à la loi Brottes, à l’époque rien ne protégeait les consommateurs.

Pour la famille, c’est un passage en mode survie qui s’enclenche alors. La mère raconte à nos confrères de France Bleu comment elle remplit des jerricanes de 8 litres dans des fontaines sous le regard des passants. Il faut tout repenser, de la cuisine aux toilettes ou la douche. C’est une organisation à mettre en place. Mais aussi une lutte de tous les instants.

On se sent dévalorisé en fait, on perd confiance en soi. Faut pas lâcher prise parce que c’est vite fait de dire bon, allez, aujourd’hui, je ne me lave pas. On ne se lave pas, on sent mauvais et on est rejeté.

Condamnée pour vol d’eau

Fatiguée de cette situation, elle se branche illégalement au réseau pour avoir accès à l’eau potable. Un argument aujourd’hui utilisé par l’entreprise pour dire qu’elle n’a jamais été privée d’eau. Elle n’hésite pas à parler de vol d’eau puisque la mère de famille a été condamnée à trois mois de prison avec sursis pour ces faits le 11 janvier.

Mais, pour la famille, tout cela ne sera bientôt plus qu’une mauvaise histoire. Le 15 janvier, le tribunal de Nanterre a ordonné à la SAUR de rétablir l’accès à l’eau. Une décision saluée par France Libertés qui a accompagné la famille dans le processus judiciaire.

Elle rappelle à l’ensemble des opérateurs qu’ils ont l’obligation de fournir en eau tous leurs usagers. Les conflits qu’ils sont susceptibles d’avoir avec ces derniers ne peuvent en rien légitimer une coupure d’eau illégale.

 

Publié le vendredi 9 mars 2018 à 14:43, modifications vendredi 9 mars 2018 à 14:43

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