Justice

Affaire Karachi : l’ancien Premier ministre, Edouard Balladur, mis en examen

Edouard Balladur est soupçonné d’avoir financé sa campagne présidentielle de 1995 grâce à des rétro-commissions sur des contrats d’armement.

Selon une information du Canard enchaîné, Edouard Balladur a été mis en examen lundi 29 mai par la commission d’instruction de la Cour de justice de la République. Elle intervient dans le volet financier de l’affaire Karachi.

D’après l’article du journal satyrique à paraître mercredi 31 mai l’ancien premier ministre est poursuivi pour « complicité d’abus de biens sociaux et recel ».

Aux origines de l’affaire Karachi

Ce dossier, d’abord examiné à Paris, puis renvoyé à Lyon, porte sur un financement occulte de la campagne Balladur en 1995. Via de possibles rétro-commissions sur des contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite dans les années 1990.

En outre, des soupçons se portent aussi sur d’éventuels détournements indus des fonds secrets de Matignon.

Le 8 mai 2002, une voiture piégée précipitée contre un bus transportant des salariés de la Direction des chantiers navals (DCN) explose devant l’hôtel Sheraton à Karachi (Pakistan).

Le lourd bilan avait fait état de quinze personnes tuées dont onze employés français et douze autres blessées.

Toutes les victimes travaillaient à la construction d’un des trois sous-marins Agosta. Ils avaient été vendus en 1994 au Pakistan par la France, sous le gouvernement d’Edouard Balladur.

Au départ, l’enquête avait privilégié la piste Al-Qaïda. Or, elle a conduit à révéler cette affaire de financement occulte présumé de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur.

Financement occulte présumé

Parallèlement à l’enquête terroriste, les magistrats Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire chargés du volet financier de l’affaire entre 2011 et 2014 ont acquis la conviction que la campagne d’Édouard Balladur a été en partie financée par des rétro-commissions. Des transferts illégaux sur les contrats de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie Saoudite.

Selon l’enquête, le réseau “K”, coordonné par le Saoudien Ali Ben Moussalem, soupçonné de financement d’organisations terroristes, aurait été imposé en fin de processus. L’objectif étant d’enrichir ses membres et financer illégalement la campagne Balladur.

Les juges se sont notamment interrogés sur une somme de 10,2 millions de francs en espèces. Elle aurait été versée sur son compte de campagne.

Dans un communiqué transmis à l’AFP, Édouard Balladur s’est défendu. Ainsi, il a déclaré avoir « demandé à ses avocats de contester cette décision devant la Cour de cassation ».

La décision de la commission d’instruction ne tire aucune conséquence de la validation du compte de campagne. Par le Conseil constitutionnel en octobre 1995. Non plus que de l’ancienneté des faits, vieux de vingt-trois ans.

A jugé l’ancien Premier ministre.

 

Publié le mercredi 31 mai 2017 à 8:50, modifications mercredi 31 mai 2017 à 8:50

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