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Collision de Millas : Début d’enquête accablant pour la conductrice du bus scolaire

Dans l’enquête sur la collision entre un car scolaire et un train TER qui a fait six morts à Millas, dans les Pyrénées Orientales, un premier rapport accable la conductrice.

STORY - Episode 5/9

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Plus d’un mois après le terrible drame de Millas dans les Pyrénées Orientales, dans lequel six collégiens sont morts, le premier rapport d’enquête serait accablant pour la conductrice du bus scolaire. Celle-ci a toujours clamé, depuis l’accident, que les barrières du passage à niveau étaient ouvertes.

Pas de trace de freinage

Selon ces premiers éléments, révélés par France info ce vendredi 19 janvier :

Il n’y a aucune trace ou indice laissant supposer un acte de malveillance qui aurait pu occasionner un dysfonctionnement du passage à niveau. Plusieurs éléments évocateurs d’un passage à niveau fermé ont été relevés.

Ainsi, aucune trace de freinage n’apparaît sur les relevés de l’enregistreur de vitesse du bus qui roulait à 12 km/h. En outre, toujours selon ce document d’enquête, il y a des traces de frottement sur le devant du bus à une hauteur qui accréditerait l’hypothèse d’un choc avec la barrière.

Des témoignages opposés à celui de la conductrice

Par ailleurs, le document d’enquête relate aussi les témoignages édifiants de deux techniciens. Ceux-ci étaient à l’arrêt dans leur utilitaire de l’autre côté du passage à niveau. Entendus séparément par les gendarmes le soir du drame, leurs témoignages sont identiques. Ainsi, l’un d’eux a expliqué qu’à l’approche du passage à niveau, il a vu le feu se mettre à clignoter. Les deux barrières se sont abaissées de chaque côté. Et trois bus arriver en face.

J’ai vu le premier bus qui ne s’arrêtait pas à la barrière.

A dit le conducteur et de poursuivre :

J’ai vu le bus s’ouvrir en deux, le pare-brise a été projeté dans notre direction. J’ai entendu des gosses hurler.

D’autres témoignages, rendus publics dans la presse ces deniers jours, ont également affirmé que les barrières étaient fermées. En effet, mardi 16 janvier sur BFMTV, une collégienne de 13 ans, qui se trouvait à l’avant du bus qui a percuté le TER, a certifié que la barrière du passage à niveau était bien baissée lorsque le car scolaire s’est engagé sur la voie.

J’ai vu que la barrière était fermée. Le bus l’a poussée. Elle s’est cassée. Le bus a continué à rouler doucement. Le train rouge est arrivé à ce moment. Ensuite, je ne me souviens plus de rien.

Selon le rapport de la SNCF, la barrière et les feux de signalisation sonore fonctionnaient au moment de l’accident. Toutefois, des contre-expertises sont prévues pour les prochains jours. De son côté, la conductrice du car, a toujours clamé que les barrières étaient ouvertes. Depuis le drame de Millas, elle a été admise dans un service psychiatrique.

Les questions toujours en suspens

Dès lors, les enquêteurs se posent une question : est-ce que quelque chose a-t-il pu distraire la conductrice ce jour-là ?

Déjà, des éléments de réponse ont été divulgués, notamment par France info. En effet, le 14 décembre, jour de l’accident, était la date anniversaire de la mort du père de la conductrice du bus. Un décès, survenu huit ans plus tôt, et qui l’a marquée au point qu’elle prenait depuis des médicaments pour dormir. Des traces de somnifères et d’anxiolytiques ont été retrouvées dans ses analyses sanguines.

Selon France Info, la conductrice a également reçu un SMS juste avant l’accident. Même s’il n’a pas été ouvert, la réception de ce message aurait-elle pu détourner son attention ?

Quant aux enfants qu’elle conduisait ce jour-là, un rapport de synthèse mentionne que la quasi totalité d’entre eux n’avait pas attaché leur ceinture de sécurité. A ce sujet, la conductrice a expliqué qu’à ses débuts, elle vérifiait que les enfants bouclaient leurs ceintures. Puis, qu’elle ne l’a plus fait. Elle a justifié ce choix par le fait qu’elle était nouvelle et n’avait pas beaucoup d’autorité sur eux.

Pour rappel, une directive européenne datant du 9 juillet 2003 rend obligatoire le port de la ceinture de sécurité pour les enfants dans les cars scolaires. Néanmoins, la législation ne dit pas clairement qui est responsable pour faire appliquer cette règle.

Publié le vendredi 19 janvier 2018 à 10:33, modifications vendredi 19 janvier 2018 à 10:33

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