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“Bruxelles n’est plus qu’une sirène” : l’éditorial émouvant du quotidien Le Soir sur les attentats

Mardi 22 mars 2016, Bruxelles était frappée par des attentats. Le quotidien belge Le Soir a alors publié un éditorial, dans l’après-midi, décrivant avec justesse et émotion l’horreur de la situation.

Bruxelles, capitale belge et européenne, est frappée par la terreur. Des kamikazes se sont faits exploser dans le hall de l’aéroport de Zaventem ainsi que dans une rame de métro, le matin du 22 mars 2016. Comme au lendemain du 13 novembre 2015 à Paris, la ville belge est bouleversée par la tragédie et tente de panser ses plaies. On dénombre actuellement une trentaine de victimes et des centaines de blessés. Mais aussi toute une population plongée dans la tristesse.

Les témoins directs des attentats décrivent des scènes abominables et terribles. Mais c’est bien tout le peuple qui est touché en plein cœur par ces événements tragiques.
Malgré l’émotion, le pays doit rester vigilant car l’alerte de niveau 4 a été déclenchée. La ville est, elle aussi, meurtrie.

C’est dans ce climat particulier et fort pesant que le quotidien belge Le Soir a publié hier, vers 15h, un éditorial poignant, véritable cri du cœur. Rédigé par l’éditorialiste en chef Béatrice Delvaux, ce texte souligne l’ampleur de la tristesse et de l’impuissance des habitants face à ces attentats.

“La tristesse, on vous disait. Infinie.”

“Les gens s’arrêtent, regardent, hébétés : ils ont les yeux vides. Ils savent que tout cela est vrai, ils savent aussi qu’ils savaient: cela allait, cela devait arriver.
C’est la tristesse surtout qui est infinie, elle suinte des pavés, elle dégouline des trottoirs. C’est le seul mot qui franchit les lèvres, « nos » lèvres, car voilà, c’est bien cela qui achève de nous achever : c’est chez nous, cette « chose ». « Nos » premiers attentats suicides, des corps sur le sol de notre aéroport de Zaventem, des morceaux de chair devant la rame de notre métro, éventré, à l’arrêt forcé. […]
Ces voitures hurlantes sont les seules à foncer dans les tunnels vides, et cette circulation fantôme fait froid dans le dos, on ne sait pas pourquoi. C’est juste qu’on sait que ce n’est pas normal. Et aujourd’hui, la ville n’est pas normale, parce que la vie s’est arrêtée. […]
La France vient de mobiliser 1.600 policiers et gendarmes, 225 militaires belges rejoignent Bruxelles. La guerre…
«  Lâche, aveugle  », dit le Premier Ministre, «  Odieux  » écrivent un Roi et une Reine.
La tristesse, on vous disait. Infinie.”

Au milieu de ce texte, une simple expression met tout le monde d’accord tant elle résume l’incompréhension face à autant de violence : « Putain d’époque » !

Retrouvez ici l’intégralité de l’éditorial.

Publié le mercredi 23 mars 2016 à 11:19, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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