Environnement

Le lac Tarapoto connu pour ses dauphins roses devient une zone protégée

Un pas important vers la protection de la biodiversité dans l’une des régions les plus menacées du monde, l’Amazonie.

Le lac de Tarapoto, connu pour abriter une grande partie des dauphins roses d’Amazonie, vient d’être intégré à la convention Ramsar, qui protège les zones humides importantes à l’échelle internationale. C’est le couronnement d’un long travail conjoint entre des ONG locales et internationales et le gouvernement colombien.

Une succès important pour la sauvegarde de la biodiversité

Le président colombien Juan Manuel Santos s’est exprimé à propos de cette inscription en rappelant toutefois que le travail ne fait que commencer.

Notre objectif est d’inscrire au moins 5 écosystèmes supplémentaires en tant que sites Ramsar et que 30 millions d’hectares soient déclarés comme zones protégées.

Juan Manuel Santos a annoncé cette heureuse nouvelle accompagné de son ministre de l’Environnement et du Développement Durable Luis Guillermo Murillo et de l’association WWF. Selon le président, “Cette reconnaissance promeut la coopération internationale des projets de conservation de la biodiversité et contribue à protéger cet écosystème spécifique ainsi que toutes nos ressources naturelles. Nos zones humides sont parmi les environnements les plus productifs au monde. Notre objectif est d’inscrire au moins 5 écosystèmes supplémentaires en tant que sites Ramsar et que 30 millions d’hectares soient déclarés comme zones protégées, d’ici la fin de mon mandat.”

La directrice du WWF colombien Mary Lou Higgins a également déclaré : “C’est une réussite globale importante pour la conservation des écosystèmes stratégiques d’eau douce. Il s’agit également d’une opportunité de préserver l’habitat critique d’espèces prioritaires, telles que le dauphin rose. Cet objectif fait partie intégrante du Programme Amazonie du Nord.

L’importance écosystémique du lac Tarapoto

Le lac de Tarapoto, qui couvre une surface de 40000 hectares, abrite 883 espèces de plantes, 244 espèces d’oiseaux, 176 espèces de poissons, 30 espèces de reptiles, 201 espèces de mammifères et 57 espèces d’amphibiens. Il forme donc à lui seul un véritable écosystème avec des nombreuses espèces protégées.

Selon Fernando Trujillo, directeur de la Fondation Omacha, une ONG locale de protection de l’environnement, le lac de Tarapoto est un lieu très important pour les dauphins roses, qui s’y établissent pour élever leurs bébés. Il s’agit également d’un site clé pour la reproduction de nombreuses espèces de poissons, qui représentent l’un des principaux moyens de subsistance pour les communautés indigènes locales.

Le lac de Tarapoto fait partie des sites sur lesquels le WWF a lancé une étude de surveillance des cétacés de l’Amazonie, grâce auquel des émetteurs sont placés sur les animaux pour mieux comprendre leurs axes de déplacement et leur comportement. Cette zone revêt également une importance capitale pour la protection d’espèces en voie de disparition comme le pirarucú (Arapaima gigas), le lamantin (Trichechus inunguis), le caïman noir (Melanosuchus niger) et le jaguar (Panthera onca).

Le jaguar, l’une des espèces menacées du lac.

Mais le combat pour protéger ces zones très importantes pour l’écosystème planétaire n’est pas encore gagné. En effet, celles-ci et en particulier la zone du lac font face à des menaces comme la surpêche, la déforestation intensive, le braconnage et le tourisme de masse. Mais cette inscription à la convention Ramsar permettra une bien meilleure surveillance de la zone pour lutter contre ces fléaux.

Une aide aux communautés indigènes

La région du lac Tarapoto est également le lieu de résidence de 22 communautés indigènes, qui y vivent de la pêche depuis la nuit des temps. Ces communautés ont récemment diversifié leurs sources de revenu en misant sur le tourisme. Ainsi, la ville de Puerto Nariño, dieu privilégié d’observation des célèbres dauphins roses, est devenue l’une des destinations touristiques les plus fréquentées de toute l’Amazonie colombienne.

L’inscription à la convention Ramsar va permettre aux communauté de diversifier leurs activités économiques et d’avoir un meilleur contrôle sur la pêche. En effet, un programme de gestion des pêcherie est actuellement à l’oeuvre pour réduire les effets d’une exploitation trop importante des ressources et mieux gérer le stock de poisson présent dans la rivière.

Enfin, cette inscription va permettre d’attirer l’attention sur cette zone et attirer des investissements étrangers venant d’ONG ou d’entreprises responsables afin de construire de nouvelles infrastructures de protection de l’écosystème, qui serviront énormément aux communautés indigènes locales. Ainsi, l’inscription a été officiellement soutenue par plusieurs tribus comme les Ticuna, les Yagua et les Cocama

Le chef de l’une de ces communautés, Lilia Java, a d’ailleurs tenu à saluer cette nouvelles bénéfique pour l’écosystème local : “l’inscription du Lac Tarapoto à la liste Ramsar est une opportunité de renforcer, protéger et conserver nos ressources naturelles, culturelles et sociales, tout en gardant à l’esprit que ce processus ouvre des portes à des financements de projet.

Publié le dimanche 4 février 2018 à 14:39, modifications dimanche 4 février 2018 à 15:07

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