Environnement

La Chine utiliserait secrètement des CFC, des gaz destructeurs pour la couche d’ozone et interdits depuis 1987

L’Agence d’enquête environnementale basée aux Etats-Unis affirme que 18 usines en Chine continuent à utiliser et produire en secret des chlorofluorocarbures, CFC, qui détruisent la couche d’ozone et portent atteinte à la santé publique.

L’Agence d’enquête environnementale (Environmental Investigation Agency, EIA), une association basée aux Etats-Unis, accuse la Chine d’utiliser secrètement des chlorofluorocarbures, CFC. Ces gaz, interdits au niveau international depuis 1987, détruisent la couche d’ozone. Autrefois, ils étaient utilisés comme gaz réfrigérants et agents propulseurs dans les aérosols.

Les CFC, destructeurs de l’ozone protecteur

Ainsi, dans un rapport publié lundi 9 juillet, l’EIA affirme que 18 usines réparties dans 10 provinces de Chine ont reconnu qu’elles continuaient à utiliser des chlorofluorocarbures (CFC). Et ce alors la Chine a affirmé y avoir mis un terme en 2007. Dans les détails, des employés de ces entreprises ont déclaré à des membres de l’EIA, qui se faisaient passer pour des acheteurs potentiels, que la majorité du secteur chinois de la mousse en polyuréthane, un matériau isolant pour les bâtiments, utilisait des CFC-11. Et ce, en raison de leur qualité et de leur faible coût.

Or, ce constat corrobore une précédente étude menée par l’Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA). Celle-ci a été menée depuis le sol à Hawaï, en Australie. Elle avait établi que le rythme de diminution du niveau de CFC-11 dans l’atmosphère avait ralenti seulement de moitié depuis 2012.

Selon ces chercheurs, étant donné la grande quantité de CFC, cela ne pouvait pas venir de vieux frigos. D’autre part le différentiel entre le nord et le sud de la planète indiquait que cela venait plutôt du sud. Enfin l’étude des trajectoires en fonction du vent précisait une origine de l’Asie du sud-est.

A expliqué Sophie Godin-Beekmann, physicienne de l’atmosphère au CNRS et présidente de la Commission internationale de l’ozone.

Par conséquent, l’étude en déduisait l’existence de violations au Protocole de Montréal, dont elle plaçait l’origine en Asie orientale.

Il est clair que ces faits ne sont pas des incidents isolés, mais relèvent de pratiques courantes de l’industrie.

Conclut l’EIA sur son site Internet.

Violation du protocole de Montréal

En 1987, le Protocole de Montréal, un accord international, avait été signé pour supprimer progressivement les CFC. Ceux-ci étant responsables du fameux « trou d’ozone ». Il est situé dans la stratosphère, entre 20 et 50 km d’altitude, au-dessus et débordant du continent antarctique. Il absorbe la plupart des rayons ultraviolets dommageables aux êtres vivants, notamment les plus dangereux, les rayons UV-B. En clair, la couche d’ozone protège la Terre de rayons. Ceux qui provoquent cancers de la peau, dégâts oculaires et immunitaires.

Le rapport de l’EIA a été publié alors que débute cette semaine, à Vienne, une réunion internationale sur le protocole de Montréal. Il devrait être justement question des violations au traité. Contacté par l’AFP, le ministère de l’Environnement chinois n’était pas joignable pour commenter ces accusations.

Publié le mercredi 11 juillet 2018 à 8:57, modifications mercredi 11 juillet 2018 à 8:59

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