Economie

Ces lignes SNCF peu fréquentées qui pourraient fermer près de chez vous

Une volonté de réforme de la SNCF qui n’est pas au goût de tout le monde…

Une nouvelle étude dirigée par l’ancien président d’Air France Jean-Cyril Spinetta a été remise au gouvernement le 15 février dernier. Elle propose de réformer la SNCF à travers plusieurs points polémiques.

Les principales mesures de ce rapport de 127 pages sont la transformation de la SNCF en société anonyme, la fin du statut de cheminot ou encore la fermeture de lignes peu fréquentées. Pour justifier cette dernière mesure, Spinetta affirme qu’il “paraît impensable de consacrer près de 2 milliards d’euros à seulement 2% des voyageurs. Le maintien des lignes héritées d’une époque où le transport ferroviaire était l’unique moyen de déplacement doit être revu.

Des économies importantes en fermant certaines lignes

En fermant ces lignes peu utilisées, qui coûtent plus à la collectivité qu’elles ne rapportent, la SNCF pour réaliser des économies s’élevant à 1,2 milliards d’euros par an, soit “500 millions d’euros sur l’infrastructure et 700 millions sur l’exploitation des trains“.

La France dispose en effet du deuxième plus grand réseau européen de chemin de fer, juste après l’Allemagne. Au total, ce sont 29 000 km de lignes simples et 2800 km de lignes grande vitesse qui s’étalent sur le territoire français. Cela permet à 90% de la population du pays de se trouver à moins de 10 km d’une gare. Toutefois, la fréquentation est très inégale, avec 80% des voyageurs circulant sur moins de 30% de cet immense réseau.

Carte de fréquentation du réseau ferroviaire français.

D’autres chiffres permettent de montrer ces importantes disparités. En effet, en 2016, il y a eu 1,2 milliards de voyages en train, avec 90% des passagers circulant à bord d’un TER ou d’un Transilien. Mais le taux de remplissage moyen de ces derniers est de seulement 25%, tandis que celui des TGV est de 67%.

La rentabilité est-elle l’objectif principal du service public ?

Il faut reconnaître que l’argument des auteurs du rapport a du poids. En effet, étant donné les disparités de fréquentations et le caractère quasiment obsolète de certaines lignes qui ne sont pratiquement plus utilisées, il est légitime de se poser la question d’une éventuelle fermeture.

Mais cela pose également la question du but d’un service public. Est-il, au même titre que les entreprises privées de dégager de la rentabilité à tout prix ? Ou au contraire, doit-il servir tous les français, même si cela occasionne des pertes sur certains tronçons ? 

Il faudra certainement se décider au cas par cas afin de ne pas commettre d’injustice. En effet, certaines régions très pauvres sont déjà mal desservies comme la Creuse, ou la zone qui sépare Nancy de Langres. Le seul critère de la rentabilité sera donc insuffisant pour trancher dans ces situations complexes.

 

Publié le samedi 17 février 2018 à 16:33, modifications samedi 17 février 2018 à 15:04

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