Economie

Les drôles de privilèges des chemins de fer corses

Les Chemins de fer de la Corse ont le droit à quelques bien étranges privilèges. De quoi relativiser certaines critiques à la SNCF.

20 millions de budget

Du point de vue du chemin de fer, la Corse est une exception nationale. Ce n’est pas la SNCF qui contrôles les deux lignes de l’île. Il s’agit d’une société d’économie mixte lancée en 2011. Les magistrats de la Cour des Comptes viennent de se pencher sur son fonctionnement et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ont eu le droit à quelques surprises.

Pour comprendre la situation, il faut tout d’abord savoir à quoi ressemble le réseau local. Une ligne de Calvi à Ponte-Leccia, au cœur de l’île, l’autre de Bastia à Ajaccio. Soit, au total, 232 kilomètres de voies de chemin de fer, 16 gares et 60 haltes. Certaines qui pourraient faire passer la plus petite gare de la SNCF comme une étape grand luxe. L’ensemble est avant tout dédié au tourisme. Mais, le procédé semble être parfois abusif. 2 fois sur 3 lors de leurs tests, les magistrats n’auraient pas été contrôlés par un agent. 

 L’entreprise ignore le nombre de voyageurs qu’elle transporte

pointe la Cour des Comptes selon les informations du Point. Par ailleurs, certaines cadences pourraient rendre fou les voyageurs pressés. 4 heures pour faire Bastia à Ajaccio. Le trajet prend 3h30 en voiture.

L’ensemble est sous le contrôle de la collectivité territoriale de Corse. Chaque année, celle-ci, verse 20 million d’euros, avec l’engagement de couvrir les déficits éventuels. Concrètement, cette somme couvre 80 % des charges d’exploitation de la société. Une situation qui n’incite pas à un contrôle accru. L’entreprise ignore le nombre d’heure de ses agents, l’état de son inventaire... Dans les faits, le taux d’occupation serai de 28 % entre 2012 et 2015. Cela correspond à 2.000 voyageurs par mois. De quoi faire un coût au kilomètre de 21,9 €. Surtout, l’entreprise embauche 272 agents. Un effectif surdimensionné de 20 à 30% qui pèse lourdement sur les charges.

Des agents pas forcément très actifs

Pour ne rien arranger, les agents des chemins de fer Corse ne seraient pas forcément très actifs. Ils bénéficieraient d’heures supplémentaires alors que “les agents ne réalisent pas les 37 h 10 prévues par les accords d’entreprise”. Puisqu’il n’y a aucun contrôle et que tout repose sur la déclaration des agents, chacun déclarerait 1 heure supplémentaire par semaine. Pour cela, ils n’hésitent pas à compter leurs déplacements et leurs présences en réunion. Le total représente 8848 heures surpayés en 2014.

Les employés bénéficient aussi de généreuses primes repas, d’une allocation enfant multipliée par 12….  Le tout alors que selon la Cour des Comptes, le travail effectif est estimé à 5 heures par semaine. Ils seraient aussi arrêtés 28 jours par an en moyenne. Dur dur, la vie de cheminot en Corse.

Publié le dimanche 6 mai 2018 à 15:44, modifications dimanche 6 mai 2018 à 11:09

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