Economie

L’avenir de l’usine GM&S à La Souterraine devant la justice

La justice se penche ce mardi sur l’avenir de l’équipementier automobile en difficulté GM&S Industry. Ses salariés creusois se battent pour obtenir un sursis en vue d’une reprise.

Les promesses de commandes de PSA et Renault vont-elles sauver GM&S, l’équipementier automobile creusois, acculé au redressement judiciaire? Non seulement, près de 280 salariés sont concernés, mais c’est aussi entre 600 et 800 emplois indirects qui seraient touchés, selon les élus locaux.

Autrement dit, c’est toute une région qui serait frappée par la catastrophe d’une liquidation.

Un dossier qui dure

L’entreprise, basée à La Souterraine dans la Creuse, est un équipementier automobile en grande difficulté. A cause d’un déficit de commande, l’usine ne permet plus de maintenir la production au niveau normal, menaçant les 277 salariés.

En décembre dernier, après la défection d’un repreneur potentiel, le sous-traitant automobile a été placé en redressement judiciaire.

Depuis, les salariés n’ont cessé de faire monter la pression pour alerter sur leur sort. Récemment, les ouvriers ont passé la vitesse supérieure en piégeant leur usine avec des bonbonnes de gaz.

Selon eux, la faute incombe à Renault et PSA. Les deux constructeurs représentent 90% du chiffre d’affaires de l’usine mais ont réduit la voilure en termes de commande ces dernières années.

A peine nommé, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire s’est saisi dès vendredi du dossier GM&S.

Après des négociations, le nouveau locataire de Bercy a obtenu de Renault et PSA qu’ils augmentent leurs commandes afin de donner un sursis aux salariés.

Selon le ministre de l’Economie, qui s’est entretenu durant le week-end avec le PDG du groupe Renault, Carlos Ghosn, et le président du directoire de PSA, Carlos Tavares, Renault devrait doubler ses commandes pour les porter de 5 à 10 millions d’euros. Et PSA les confirmera à 10 à 12 millions d’euros. Soit au total, avec le reste des commandes, un montant assuré de 25 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Pourtant, le dossier est loin d’être réglé.

Des signes encourageants, mais « l’usine est loin d’être sauvée »

En effet, l’annonce de l’augmentation des commandes des deux constructeurs est tombée in extremis.

Ce mardi 23 mai, le tribunal de commerce de Poitiers doit examiner l’avenir du site. Lors d’une nouvelle audience, il devra se pencher sur la liquidation judiciaire de l’entreprise.

Pour les syndicats, les nouvelles commandes promises après l’intervention du ministère de l’Economie sont insuffisantes.

Selon eux, il faudrait atteindre au moins 35 millions d’euros de commandes pour maintenir le site.

C’est un tout petit pas, il reste encore de la marge pour sauver le maximum d’emplois.

A déclaré Philippe Martinez, numéro 1 de la CGT, au micro d’Europe 1, lundi 22 mai.

Le geste des deux principaux donneurs d’ordre est un « signe encourageant ».

Cependant, selon lui, il s’agit simplement « d’un sursis », car « le compte n’y est pas et les menaces sur l’avenir de l’entreprise ne sont pas levées ».

Des enjeux économiques et politiques

Conscient d’avoir offert « une bouffée d’oxygène bienvenue », Bruno Le Maire n’en reste pas moins lucide sur la situation de GM&S.

En effet, lundi, le ministre de l’Économie a rappelé qu’une « vraie menace plane sur l’entreprise ». Bruno Le Maire a insisté sur le fait qu’il fallait « maintenant assurer la pérennité de GM&S ».

La veille, Bercy avait prévenu de la nécessité pour GM&S d’adapter son organisation afin de gagner en compétitivité.

L’usine creusoise a déjà reçu une aide de 1,16 million d’euros de la Région Nouvelle-Aquitaine depuis mars.

En réalité, les engagements de Renault et PSA permettent surtout d’éviter un placement en liquidation judiciaire lors de l’audience prévue ce mardi.

L’accord trouvé par Bercy et les constructeurs automobiles pourrait néanmoins encourager le tribunal à poursuivre la recherche d’un repreneur.

Malheureusement pour GM&S, l’usine a été maintes fois baladée de repreneur en repreneur sans qu’aucun n’engage réellement les investissements nécessaires à la modernisation du site.

Ainsi, en l’espace de dix ans, le sous-traitant automobile installé dans la commune de La Souterraine a changé dix fois de propriétaire.

Aujourd’hui, deux repreneurs se sont manifestés : GMD et Magneto, deux sous-traitants automobiles.

Comme Vivarte, Whirlpool et Tati, le cas de GM&S est crucial pour Emmanuel Macron et son gouvernement. Un exécutif très attendu sur la gestion de dossiers épineux.

L’Etat français est en outre actionnaire à 14 % du groupe PSA. Il détient 19,74% du capital de Renault.

Publié le mardi 23 mai 2017 à 15:54, modifications mardi 23 mai 2017 à 15:55

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