Web

Facebook au coeur d’un nouveau scandale

facebook-au-coeur-dun-nouveau-scandale

Nouvel accroc pour Facebook, qui enchaîne les polémiques sur la sécurité des données de ses utilisateurs. Cette fois, le réseau social est accusé d’avoir partagé les informations de ses usagers avec les principaux fabricants de smartphones, dont Apple, Microsoft et Samsung.

Un accord pratique pour le développement de Facebook

Les faits dateraient d’une dizaine d’années. Dimanche 3 juin, le New York Times a révélé l’existence d’un partenariat méconnu du grand public, entre les grands constructeurs de téléphones portables et Facebook, à l’époque où le réseau débutait son expansion. Selon Facebook, un accord aurait été passé dès 2007 garantissant aux concepteurs de smartphones l’accès aux données personnelles de leurs clients et celles de leurs proches. Cet échange devait faciliter l’utilisation et le développement d’applications Facebook sur d’autres supports que l’ordinateur, un phénomène encore peu répandu, pour permettre à ses inscrits de communiquer sur leurs appareils connectés.

Le partenariat ne concerne pas que nos smartphones

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas uniquement de téléphones mobiles mais bien de l’ensemble de l’appareillage technologique disposant d’une connexion internet, à savoir nos téléviseurs ou encore nos consoles de jeux, commercialisés par les mêmes marques. Pour des raisons pratiques nécessitant l’exploitation de nos données dans le but d’optimiser l’utilisation de certains programmes liés à son application, Facebook aurait donc permis à Apple, Blackberry, HTC, Microsoft, Samsung, Amazon et soixante autres entreprises, de récolter nos informations.

Plus problématique, le New York Times indique qu’un décret passé avec la Federal Trade Commission (Commission Fédérale du Commerce), en 2011, aurait autorisé les multinationales concernées à récolter et à stocker les informations de nos contacts, « sans consentement explicite », à condition de ne pas les partager. Par conséquent, un individu ne possédant pas d’outil de la marque Samsung pourrait voir exploiter ses données par le constructeur coréen s’il est en lien avec l’un de ses clients.

Une sécurité approximative

Facebook a assuré garantir la sécurité des données amassées par des conditions « très strictes » encadrant leur usage par les compagnies. Mais comme l’a rappelé Serge Egelman, chercheur de l’Université de Californie qui étudie la sécurité des applications mobiles :

Vous pouvez croire que Facebook ou le constructeur sont fiables. Mais le problème étant que plus les données sont collectées – et disponibles pour d’autres applications – plus cela crée un risque important pour la sécurité et la vie privée (des usagers).

Le scandale provoqué par la révélation de l’exploitation politique des données de 87 millions d’utilisateurs Facebook par la société Cambridge Analytica, prouve que le réseau social est loin de tout contrôler.

Facebook dément

Face aux affirmations du New York Times, le réseau social a formellement nié avoir donné son accord pour que les informations collectées soient utilisées sans le consentement des utilisateurs. En revanche, ils confirment avoir collaboré avec les constructeurs de téléphones pour développer une interface utilisable sur leurs produits. « Nous les avons contrôlés depuis le début » a déclaré le vice-président des partenariats produits Facebook, Ime Archibong, précisant que le partage de photos et autres données n’était possible qu’avec l’autorisation des tiers.

En avril, Facebook a annoncé la fin de cet accord controversé au sein même de ses équipes et rendu inutile par les apps stores disponibles sur tous les smartphones. La plupart des constructeurs interrogés par le Times n’ont pas souhaité s’exprimer.

Publié le jeudi 7 juin 2018 à 10:19, modifications jeudi 7 juin 2018 à 9:08

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !