Séries

Stranger Things – Notre avis sur la saison 2

C’était probablement le come-back le plus attendu de cette fin d’année. Vendredi dernier, la deuxième saison de Stranger Things a débarqué sur Netflix. Un timing des plus réfléchis, cette sortie intervenant quelques jours avant la fête d’Halloween. Après avoir été LE succès surprise de l’été 2016, la série s’est imposée progressivement comme fer de lance de la plateforme de streaming. Elle est même devenue la série originale la plus regardée sur la plateforme, aux côtés d’Orange is The New Black. Décryptage de cette nouvelle saison.

Stranger Things : Tome II

L’histoire se déroule un an après les évènements survenus dans la première saison (soit en 1984). L’action se situe toujours dans la petite ville fictive d’Hawkins (en Indiana). Et décidément, force est de constater qu’il ne cesse de s’y passer des choses inexplicables. Après une séquence d’ouverture survitaminée, nous retrouvons nos quatre compères, Mike, Dustin, Lucas, et Will dans une salle d’arcade. Et tandis qu’ils s’efforcent de délivrer la princesse Daphne sur Dragon’s Lair, Will est assailli d’une vision cauchemardesque. Il se retrouve à nouveau plongé dans l’Upside Down, face au terrible Maître des Ombres, une monstrueuse créature tentaculaire. Ce ne sont là que les prémices de péripéties apocalyptiques. Et d’une bataille qui s’annonce épique. La bande de trublions découvre aussi avec stupeur qu’un dénommé MADMAX a battu un de leur record sur une borne d’arcade. Le lendemain, jour d’école, une nouvelle élève fait son arrivée dans leur classe. Elle s’appelle Maxine, dit “Max”…

On prend les mêmes et on recommence…

Toujours supervisée en qualité de producteurs exécutifs par Matt et Ross Duffer, plus connus comme les “Duffer Brothers“, cette nouvelle mouture se compose de neuf épisodes. À la production, on retrouve une nouvelle fois Dan Cohen et Shawn Levy. Ce dernier réalisa également deux épisodes (le 3e et le 4e) tandis que les frères jumeaux assurent le scénario et la réalisation des deux premiers épisodes, ainsi que des deux derniers. La réalisation des épisodes restant se partage entre Andrew Stanton (le 5e et 6e) et Rebecca Thomas (le 7e).

Côté distribution, pas de grande surprise. Nous retrouvons pour notre plus grand plaisir “le club des quatre” : Finn Wolfhard (Mike), Noah Schnapp (Will), Gaten Matarazzo (Dustin) et Caleb McLaughlin (Lucas). Millie Bobby Brown, a.k.a Eleven, propulsée au rang d’enfant star depuis la première saison, est bien évidemment de la partie. Les enfants sont toujours chaperonnés par Winona Ryder (Joyce Byers, la mère de Will) et David Harbour (Jim Hopper, le shérif d’Hawkins). Par ailleurs, Charlie Heaton (Jonathan, le grand frère de Will) et Natalia Dyer (Nancy, la grande soeur de Mike) sont eux aussi présents, ainsi que Joe Keery, alias Steeve Harrington. Enfin, notons l’apparition de nouveaux personnages. Ainsi, Sadie Sink, Dacre Montgomery, et Sean Astin, incarnant respectivement les rôles de Max, Billy et Bob, rejoignent les têtes d’affiches.

Un scénario rôdé

L’histoire de cette nouvelle saison est très plaisante. Le scénario est bien construit. Les péripéties s’enchaînent tambour battant, avec une efficacité à toute épreuve. Bien entendu, nous avons aussi droit à quelques scènes chargées d’émotions. Toutefois, la série ne tombe pas dans le piège de la caricature larmoyante. Contrairement à bon nombre de ses consœurs, Stranger Things alterne avec parcimonie les temps forts et les moments de “pathos”. De plus, cette saison nous gratifie une nouvelle fois d’un humour simple et efficace. À l’image de la première saison, les personnages sont plutôt bien travaillés. Le passé de certains est éclairci, permettant une meilleure compréhension de leur(s) trauma(s), de sorte à renforcer l’empathie spectatorielle. Les relations sont un peu plus approfondies, même si certaines restent assez prévisibles.

Les archétypes

Cependant, l’effet de “surprise” et l’originalité, pour lesquelles était tant louée la première mouture, se sont quelques peu estompés. La faute à des trames narratives plus avenues et plus prévisibles et à des prises de risques moindres. Toutefois, cela s’inscrit dans l’esprit de la série et surtout, de ses inspirations. Si les tenants et les aboutissants semblent trop évidents, ça en tient plus de l’hommage que de l’aberration. Ils témoignent là encore d’une volonté de calquer les schémas scénaristiques classiques. Les multiples rebondissements, émaillés de déductions capillotractées et parfois un peu alambiquées, résonnent en vérité comme une continuité aux archétypes mis en places par les œuvres cinématographiques de l’époque.

Mise en scène trop codifiée

Surtout, cette nouvelle saison s’appuie sur une mise en scène irréprochable, maîtrisée de bout en bout. La composition des cadres est travaillée et très bien exploitée, au même titre que la profondeur de champ. Le tout soutenu par un rythme effréné, happant le spectateur de façon inéluctable. Les mouvements de caméra incessant, utilisés à bon escient, insufflent encore davantage de dynamisme. Dénuée de toutes fioritures, la réalisation est millimétrée. Cependant, on peut regretter là encore une certaine aseptisation. Il n’y pas de grande prise de risque. Cette mise en scène trop convenue ne révolutionne en rien ce que l’on avait déjà observé dans la première saison. C’est géré d’une main de maître, certes, mais c’est quelque peu édulcoré. On ressent une volonté de respecter les codes, sans se les réapproprier, ou les innover, ce qui est regrettable. En revanche, la réalisation est sublimée par une excellente photographie. C’est un modèle du genre. Les effets spéciaux, quant à eux, sont de qualités (même s’ils ont tendance à tomber dans l’excès). Enfin, le final est tout bonnement haletant.

Un véritable héritage culturel

Mais la force de Stranger Things est ailleurs. En effet, celle-ci réside principalement dans ses influences. Véritable idolâtrie ou marketing de génie ? Surtout quand on connaît la hype qui subsiste autour du “old school” depuis quelques années. Quoiqu’il en soit, les Duffer Brothers déploient leur Amour pour l’époque bénie de leur jeunesse. Après avoir admis s’être grandement inspirés pour la première saison, entre autres, des films de Steven Spielberg, Joe Dante, ou John Carpenter, et des œuvres littéraires de Stephen King, les deux frères persistent dans l’hommage. Par le biais de petits clins d’œil, ou de références plus ostentatoires, ces nouvelles aventures transpirent le folklore des 80’s. Déjà, le trailer de cette seconde saison donnait le ton, en se réappropriant la voix de Vincent Price, issue du légendaire Thriller de Michael Jackson. Oubliez les aventures à la “Donjons et Dragons”.  Dites bonjour aux bornes d’arcades, aux VHS-C et aux coiffures laquées affriolantes.

L’ôde aux eighties

Chaque épisode se pose en véritable catalyseur de nostalgie pour tous les amoureux cinéphiliques. De la saga Alien à Ghostbusters, en passant par Terminator et les Goonies (coucou Sean Astin), les références sont multiples. Les titres des épisodes contiennent également quelques clins d’œil à peine dissimulés (MADMAX, Le Flagelleur Mental, etc). Mais cela ne se résume pas seulement aux films. La série s’est fait une spécialité dans le placement de produits d’époque. Les gaufres “Eggo” dont raffole Eleven en sont la preuve sine qua non. Rien d’étonnant donc que Reed Hastings, patron de Netflix, envisage de commercialiser des produits estampillés “Stranger Things”. Rappelant à s’y méprendre la stratégie marketing d’un certain George Lucas avec sa saga Star Wars. Lequel bâtit son succès (et sa richesse de surcroît) sur les produits dérivés.

Enfin, pour pousser l’expérience “Retour vers le Futur” à son paroxysme, la série s’appuie sur une bande son authentique. Des Clash à Bon Jovi, en passant par Police, Duran Duran ou encore Cindy Lauper (oui oui), l’ambiance musicale prolonge l’expérience rétrospective. Fermez les yeux et laissez-vous transporter quelques décennies en arrière…

Stranger Things aura d’ores et déjà droit à une troisième saison, pour le plus grand bonheur des fans. Il faudra bien évidemment s’armer de patience avant de pouvoir la dévorer.

Cet article a été vu pour la premiere fois sur Cineserie.com

Publié le mercredi 1 novembre 2017 à 10:40, modifications jeudi 2 novembre 2017 à 16:17

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !