Musique

Mort du chanteur Papa Wemba, le roi de la rumba congolaise

Le chanteur congolais Papa Wemba est mort dimanche 24 avril. Star incontestée de la rumba sur le continent africain, les circonstances de son décès ont été un véritable choc.

Ce dimanche 24 avril aux alentours de trois heures du matin à Abidjan (en Côte d’Ivoire), les musiciens jouaient encore quelques notes lorsque l’assemblée s’est rendue compte du drame qui se produisait sous leurs yeux.

Papa Wemba, surnommé le roi de la rumba congolaise, venait de s’écrouler devant leurs yeux en plein concert au Femua, le festival des musiques urbaines d’Anoumabo.

J’ai vu les danseuses entourer Papa Wemba. J’ai cru que c’était un scénario du concert. Mais ensuite j’ai vu surgir sur le podium les gens de la Croix-Rouge ivoirienne. Tout d’un coup, on a coupé le signal de la télévision.

A raconté Henri Noel Mbuta Vokia, son attaché de presse, à la radio locale Okapi.

Le chanteur a été aussitôt évacué vers l’hôpital d’Abidjan en soin intensif, mais son décès a été déclaré au petit matin.

Papa Wemba laisse derrière lui un répertoire très ancré dans la rumba congolaise et la world music aux multiples explorations musicales, mais aussi une carrière très riche qui a influencé de nombreux musiciens africains.

Il avait notamment collaboré avec le rappeur français Passi, lui aussi d’origine congolaise, pour l’album Africa du collectif Bisso Na Bisso en 2009.

Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba était né en 1949 dans le sud du Congo d’un père chasseur (ancien soldat de l’armée belge pendant la seconde guerre mondiale) et d’une mère pleureuse professionnelle (élément traditionnel des soirées funéraires et veillées mortuaires). C’est elle qui l’a initié à la musique et au chant, ainsi qu’à la danse.

Il gardera ainsi le don de la mise en scène et cette capacité à électriser les foules. Fort de cette énergie, il a su dépoussiérer joyeusement la rumba traditionnelle sous l’influence et les instruments de la musique anglo-saxonne.

Papa Wemba n’était pas seulement un célèbre musicien, il fut également un membre fondateur de la SAPE, la Société des Ambianceurs et des Personnes Elegantes. Cette association prône une extrême élégance vestimentaire, très importante pour le chanteur de rumba.

Pourtant, l’année 2003 fut marquée par des ennuis judiciaires. La police l’a suspecté de jouer un rôle dans une filière d’immigration clandestine entre la République Démocratique du Congo et l’Europe. Après trois mois de détention, il a été libéré et à nouveau condamné par le tribunal correctionnel de Bobigny à trente mois de prison (dont les trois déjà purgés) et 10 000 euros d’amende.

Son souhait était de chanter jusqu’à la fin de sa vie :

Comme Molière, il voulait mourir sur scène

Il aura été exaucé trop tôt !

Publié le lundi 25 avril 2016 à 11:09, modifications lundi 25 avril 2016 à 11:09

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